Qui n'a pas entendu parler de DOOM ? (id Software, 1993-2025). Cette licence de jeu vidéo culte sur de nombreux points, que ce soit pour la révolution entraînée, ses musiques particulièrement entraînantes ou encore les polémiques qui ont tourné autour des différents jeux. Son influence est telle, qu’aujourd’hui, tout amateur de jeu vidéo considère DOOM comme étant le Père du FPS grâce à son impact dans le jeu vidéo, mais également son influence dans le genre tout entier.
Alors, concrètement, ce n’est pas DOOM qui à donné naissance au genre du jeu de tir à la première personne. Une licence mythique fait même acte de naissance en 1981. Il s’agit de Wolfenstein, édité par Bethesda et dont le dernier jeu en date est sorti en 2019. D’autres jeux du genre FPS sont également sortis avant 1993, dont Maze War sortie en 1974 qui est
considéré comme le tout premier FPS. Néanmoins, c’est DOOM qui a le plus marqué les communautés de joueurs à l’époque, et qui continue de marquer, même aujourd’hui. Rien qu’à observer les commentaires élogieux sur DOOM (2016) et DOOM Eternal (2020) pour pouvoir affirmer que la licence séduit toujours autant. De plus, c’est surtout DOOM, celui de 1993, qui s’impose et qui va populariser le plus les jeux de tir à la première personne.
DOOM a tellement d’influence sur le genre du FPS que certains peuvent qualifier le genre de DOOM-like, d’une même manière que nous pouvons parler de Souls-like pour désigner de manière générale, des jeux reconnus pour leurs difficultés et mettant l’accent sur une découverte du monde par son environnement. DOOM, de part sa nature, sa construction, apporte la base des jeux FPS d’aujourd’hui, base qui est reprise par énormément de FPS aujourd’hui (excepté ceux qui se veulent plus tactique, comme peut le faire Ready or Not), et certains FPS ont aussi repris la base de DOOM pour améliorer encore plus le genre, comme l’a fait Half-Life en y incorporant des éléments de puzzle, mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui.
L’une des questions qui survient est donc de savoir qu’est-ce qui fait de DOOM sa popularité et quels sont les éléments qui font la réussite de la licence. Parce que la réussite d’un FPS ne se résume pas seulement à se balader dans un monde, avec une arme dans les mains, à tirer sur les ennemis à vue. Non, il faut plus que ça, il faut que le jeu apporte sa touche personnelle qui vient faire toute son identité. L’une des clés du succès de DOOM est le sentiment de puissance qui envahit le joueur. Une phrase résume à merveille la licence “I”m not locked here with you, you're locked in here with me” de Rorschach dans le film Watchmen (2009). Le fait est que le synopsis des jeux DOOM se résume à “Nous incarnons un Marines américain, coincé dans les Enfers à la suite d’une mission qui a mal tourné”. En jouant aux différents jeux de la licence, fort est de constater que le Doom-guy, ou doomslayer (le nom du personnage donné par les joueurs) profite d’être coincé dans les Enfers pour massacrer à la pelle les hordes de démons qui viennent essayer de l’arrêter. Ces derniers en viennent à créer des abominations dans le seul but d’arrêter le fou-furieux qui fait un carnage dans les rangs des démons. En vain. Le problème pour les démons étant que le doom-guy semble être impossible à arrêter, littéralement trop énervé pour mourir. C’est ça l’une des clés du succès de DOOM : la puissance du personnage principal. Le jeu devient donc un défouloir pour les joueurs, tout en s’amusant. L’un des éléments montrant la puissance du doom-guy est le système de Glory Kill, intégré dans la version de 2016, qui est une exécution brutale
des démons, qui vient récompenser le joueur en lui donnant un peu de point de vue, ce qui encourage donc le joueur à être plus agressif afin d’aller chercher les kills sanglants et les points de vie bonus, ce qui rentre à merveille dans l’ambiance du jeu. De façon anecdotique, le personnage principal découvre que des démons des Enfers ont tué son lapin en voulant envahir la Terre, expliquant la fureur de ce dernier. Bon, la fureur s’explique également par le sort réservé à la Terre par les démons, mais qui a dit que les êtres les plus brutaux ne pouvaient pas faire preuve de sentiments ?
Pour le reste du gameplay, nous retrouvons d’autres ingrédients qui font la recette du succès de la licence: Des déplacements très nerveux et qui obligent le joueur à toujours être en mouvement sous peine de se faire punir par des ennemis toujours en surnombre. Le joueur dispose également d’un grand arsenal: petit revolver faisant penser à un Desert Eagle, fusil à
plasma, fusil d'assaut, fusil de chasse, fusil à pompe, lance roquette, une tronçonneuse et l’arme iconique du doom-guy: le BFG, l’acronyme pour le Big Fucking Gun, qui est son arme la plus dévastatrice, vaporisant la quasi-intégralité du bestiaire. Le doom-guy, lui, c'est une bête de sport: musclé comme un dieu, il se permet de trottiner tranquillement à près de 50 km/h avec ton son arsenal et son armure sur le dos. Comme quoi, détruire du démon, ça entretient physiquement !
Le succès de DOOM se mesure également à ses musiques: inspiré du heavy métal, du doom métal mais aussi de la musique électronique, les OST de DOOM brillent par le fait qu’elles accompagnent parfaitement les jeux. Ici, pas de musique d’ambiance qui vont relaxer le joueur ou un chœur mythique qui vient accueillir le joueur au lancement du jeu. Non, dans DOOM, la musique est tout aussi violente que le joueur. Elle l’accompagne parfaitement, faisant partie intégrale des éléments de jeux. Dans les éditions de 2016 et de 2020, Mick Gordon, le compositeur, saisit très bien l’ambiance de DOOM ainsi que les messages qu’il cherche à transmettre… qui sont inexistants. DOOM fait en fait partie des jeux où le scénario est secondaire, une excuse au gameplay. Dès les premières minutes, le jeu et la musique disent au joueur “Y’a pas de message, tiens des grosses armes, amuse toi bien contre ces démons des Enfers”. Et au final, c’est tout ce qu’il faut à DOOM. Pas la peine d’essayer de
faire de belles musiques très symboliques, de toute manière - vous l’aurez bien compris - ce n’est pas l’esprit du jeu. Malheureusement, DOOM, c’est aussi des polémiques. La première que je vais aborder, c’est celle qui est liée à la fusillade de Columbine en 1999, où les deux tireurs ont tué une dizaine de personnes, blessé par balles une vingtaine de personnes avant de se donner eux-mêmes la mort. Le lien avec DOOM est que les tireurs étaient des fans de la licence, ces derniers parlant régulièrement des jeux sur des blogs et créant des niveaux bonus pour les partager à la communauté. DOOM était la cible toute trouvée pour “justifier” cette fusillade. Remettant donc la faute sur les jeux vidéo, un nouveau divertissement, véritablement émergent dans ces années 1990 et qui défraie les autorités publiques L’autre polémique colle directement à la sortie du tout premier DOOM en 1993 et fait parler de lui pour une violence graphique fortement présente (je l’ai déjà dit, c’est ce qui fait en partie la force de la licence). On retrouve notamment les voix politiques s’élever contre ce jeu nouveau, mettant en scène de manière réaliste des morts, fusillades et surtout, le joueur qui s’en retrouve être récompensé. La polémique autour de la violence de DOOM suit celle entourant un certain Mortal Kombat, sorti un an plus tôt, et qui avait essuyé ces mêmes polémiques accusant le jeu d’être trop violent. Cette polémique a débouché sur l’Entertainment Software Rating Board (ESRB), un système de classification des jeux, indiquant l’âge qui convient de jouer en fonction du contenu présent dans ces jeux. L’ESRB prend énormément de paramètres en compte, comme la présence ou non de drogue, d’alcool, de sexe, de jeu de hasard, de sang, d’armes, de nudité ou encore l’humour utilisé. Si l’ESRB ne vous dit rien, tout est normal, en Europe, le PEGI (Pan European Game Information) est utilisé, avec une méthode de classification similaire.
DOOM est donc un pilier du jeu vidéo, un élément incontournable, inoubliable et surtout, fondateur d’un des genre de jeu vidéo le plus joué à ce jour, celui du FPS. Bien que son scénario ne casse pas trois pattes à canard, la licence est toujours plébiscitée par les joueurs en quête de sensation forte et d’un sentiment d'exaltation.
Review écrite par Kepler.

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