Levez-vous, Sans-Éclat
En a-t-on parlé d’Elden Ring ! Véritable phénomène lors de sa sortie en 2022, il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que le jeu ne se fraie un chemin jusqu’aux plus hautes sphères du jeux-vidéo. Il décrochera même le titre de Game of the Year de 2022. RPG d’action et d’aventure solitaire avec des passages possibles en multijoueur, Elden Ring est issu du studio FromSoftware, d’abord connu pour King’s Field, la série des Armored Core et puis enfin, pour la série des Dark Souls. D’années en années, chaque sortie d’un nouveau « soulsborne » promettait une nouvelle aventure absolument spectaculaire et relativement corsée. En effet, depuis les premières démarches marketing entourant la sortie de Dark Souls et surtout de son portage sur PC avec l’édition « Prepare to die », les jeux avaient la réputation d’être « les jeux les plus difficiles jamais développés » ou réputés comme « impossible ». Une réputation qui persiste mais qui s’est adoucie au fur et à mesure que les joueurs se multipliaient. La véritable philosophie des jeux FromSoftware a fini par s’éclaircir et devenir un peu plus limpide pour les joueurs.
Ainsi, s’il est vrai que la mort est courante dans ces jeux, voire même inévitable, elles ne sont pas dénuées de significations. Chaque jeu dispose d’une dizaine de zones, fourmillants d’ennemis costauds et sans pitié. Se frayer un chemin sera le premier objectif, apprendre de ses erreurs en sera une autre. Le moindre faux pas, le moindre mouvement inutile ou mal calculé et c’est la mort assurée. Comme dans la majorité des RPG du genre, le joueur dispose de deux barres principales : la vitalité et l’endurance, dont il va devoir prendre soin et les surveiller avec assiduité, sous peine de trépasser. La vitalité ne se recharge pas automatiquement, elle doit l’être par des fioles (d’Estus dans Dark Souls et de larmes pourpres dans Elden Ring), qui elles-mêmes ne peuvent être rechargées que si le joueur se repose à des sites de grâce (feu de camp dans Dark Souls). Si le nombre de fioles peuvent être améliorées au fur et à mesure de l’avancée dans le jeu, elles seront et devront toujours être surveillées de près, puisque votre vie en dépend. En ce qui concerne l’endurance, la barre se recharge d’elle-même, mais encore une fois, cette dernière sera le centre de votre attention. Un saut, un coup long, un court et en un rien de temps, vous voilà à la merci de votre ennemi, impossible de riposter ou d’esquiver.
Ces deux barres, ce ne sont que le début de vos soucis. Avec cette rigidité autour de la vie et de l’endurance, le joueur amateur pourrait commencer à comprendre d’où vient la réputation des fameux soulsborne. Mais là encore, ce n’est que le début. Le pauvre joueur devra apprendre à faire face aux ennemis robustes, à la verticalité parfois implacables, au level-design labyrinthique, à la carte immense et, bien entendu, aux boss redoutables. C’est ainsi que le studio se démarque du reste de la concurrence, en invitant son joueur à se montrer autant investi que possible et surtout, très patient. Cet éveil ne sera jamais revu à la baisse et si le joueur souhaite avoir l’honneur de combattre Radagon et la bête d’Elden, il devra se montrer aussi courageux et déterminé que possible.
Un autre point majeur qui persiste de jeu en jeu, ce sont les boss. En voilà un sujet aussi passionnant qu’immense à traiter. À ce jour, ce sont presque 400 boss qui parsèment les cartes et les donjons de ces univers impitoyables. Un beau palmarès qui va sans doute être garni par ceux du prochain jeu à venir : Elden Ring : Nightreign. Dans cette catégorie, Elden Ring ne joue pas dans la même cour, puisqu’à lui tout seul, il comptabilise 206 boss (DLC compris), de quoi motiver les joueurs hardis et téméraires. Bien entendu, la plupart d’entre eux ne sont pas nécessaires pour parvenir au bout du jeu. D’une simple fleur aux spores empoisonnées jusqu’à une créature divine en passant par des demis-dieux assoiffés de sang, le challenge sera de mise. Généralement placés pour stopper le joueur dans sa progression, les boss font aussi figure de défis facultatifs pour gagner quelques runes supplémentaires de manière rapide ou pour remporter de nouvelles armes plus puissantes ou utile à votre équipement. Disséminés dans des donjons, des catacombes, dans la prairie ou dans des geôles éternelles, vous en trouverez un peu partout si vous cherchez bien ou non d’ailleurs, car la plupart vous tomberont dessus sans que vous vous y attendiez. Nous pensons évidemment aux cavaliers crépusculaires ou aux volatiles funéraires, qui seront loin d’être des parties de plaisir.
De toute manière, vous vous en rendrez compte dès le départ de votre aventure, alors que vous faîtes vos premiers pas et que vous tombez sur le tout premier ennemi du jeu : le Rejeton Greffé, une créature aux allures grotesques, issu de l’esprit déjanté de Godrick le Greffé. Que vous sortiez de ce combat victorieux ou non, la mort vous attendra automatiquement au tournant, de quoi rappeler aux joueurs de Demon’s Souls la très chère Avant-garde.
Une fois mort, vous vous réveillez au fond d’une grotte humide, après que dans votre convalescence une mystérieuse jeune fille et sa drôle de monture vous aient visité. Quelques mètres plus loin et un ascenseur pris, vous vous retrouvez à Nécrolimbe, la première zone du jeu. Vous observez le paysage et l’immense Arbre-Monde qui brille et occupe l’horizon, sans que vous ne sachiez par où commencer. C’est là que commence votre aventure, une très longue aventure.
Le Festival du Lion Rouge, le moment est venu d'affronter le Général Radhan, Fléau des Astres. Un combat éreintant et tragique pour qui connaît son histoire.
Le Septième
Elden Ring est sorti en février 2022, soit presque 11 ans après la sortie du premier Dark Souls et 13 ans après Demon’s Souls. De ce fait, il est le septième soulsborne, bien qu’il n’ait aucun lien scénaristique avec ses aînés. C’est peu de le dire parce que en effet, par rapport aux autres, Elden Ring se montre très différent. Tout d’abord, c’est le premier monde ouvert, à la différence des autres titres qui reposaient sur des constructions en zones et en donjons avec des progressions assez linéaires pour la plupart. Nous tenons à noter que le level—design des titres précédents, notamment celui de Dark Souls et de Bloodborne étaient tout à fait remarquable et, à ce jour, aucun autre jeu ne peut prétendre à une construction aussi étoffée et cohérente. Ici encore les développeurs n’y sont pas allés de main morte en proposant une carte absolument gigantesque (sans parler du DLC) avec une progression qui est tout à fait variable d’un joueur à l’autre.
Si l’entrée se fait par Nécrolimbe, le reste appartient totalement au joueur, qui peut décider de se rendre directement au château de Voilorage afin d’y défier le demi-dieu qui y réside, comme il pourrait tout à fait décider de partir pour la péninsule larmoyante afin de délivrer le château de vent-hurlant des chimères rebelles. Caelid et le puit de la Siofra sont également des possibilités, bien que les épreuves qui s’y trouvent ne soient un peu trop corsées pour un début de jeu. Mais que diable, puisque la trajectoire appartient seulement à vous, joueur. La liberté est une grande force du jeu, c’est une évidence dès les premiers pas et cela devient encore plus vrai une fois que l’on a dépassé les dix premières heures de jeu et que l’on peut réellement prendre du plaisir à jouer. La grande richesse qui accompagne chaque lieu est aussi louable puisqu’il est rare de rien y trouver du tout, l’exploration étant très souvent récompensée. Il est d’autant plus impressionnant de constater que rien n’a été laissé au hasard lors de la confection de l’espace, puisqu’on trouve des items absolument partout. Après trois parties, vous constaterez que vous avez manqué des choses malgré vous. Chaque ruine, chaque fort, chaque château et chaque catacombes ont été pensées minutieusement, de sorte à ce que vous ne tombiez jamais dans un cul-de-sac. Une prouesse pour un monde ouvert de cette envergure et de cette complexité. Pour le futur, il sera sans doute un exemple sur lequel certains studios devraient puiser l’inspiration.
Elden Ring est donc une véritable surprise, quand on sait qu’auparavant, le studio ne s’était jamais prêté à l’essai de l’open-world. Les jeux précédents étaient, tout au plus, considérés comme semi-ouvert, dans le sens où la progression était assez libre, surtout dans Dark Souls 2, qui reste sans doute le plus permissif dans sa première partie de jeu avec son nombre de zones absolument ahurissant. Avec cet opus, le studio visait vraisemblablement un public beaucoup plus large qu’avant. Dès la bande-annonce de l’E3, le trailer du jeu laissait entendre la collaboration de Miyasaki (directeur artistique des jeux FromSoftware et véritable capitaine de bord) et celle de George R.R Martin (le papa de Game Of Thrones). Si cette association est d’abord totalement justifiée d’un point de vue créatif (le grand patron étant un fan de Martin), elle sera un atout majeur dans la manche du studio, susceptible d’attirer de nouveaux joueurs.
Du point de vue gameplay, la formule reste la même. Seulement, depuis le premier Dark Souls, du chemin a été fait. Le personnage est beaucoup plus maniable et ne donne plus l’impression de contrôler un tank. Les attaques sont plus fluides et le rythme un peu plus nerveux, ce qui laisse place à des combats dantesques. L’encombrement (qui influe sur la vitesse de déplacement de votre personnage) a été considérablement retravaillé (même si c’était déjà le cas dans Bloodborne), désormais, l’inventaire en soit ne compte plus dans la balance, seul l’équipement choisi (talismans, armure, armes) comptent. L’usure des armes a aussi été totalement retiré, ce qui simplifie la vie d’énormément de joueurs. Certains auront des flash-back terrifiant en se souvenant de leurs combats dans les premiers Dark Souls où l’épée cassait en plein combat de boss. En dernier point et pas des moindres, la possibilité de sauter. Sur la manette, la touche triangle a désormais une autre fonctionnalité que celle du choix de l’arme à deux mains.
Avec un monde aussi ouvert et permissif, le saut est devenu une part central de l’aventure et il n’était pas question de la rendre aussi difficile à utiliser qu’avant. Avec Torrent – votre monture – le double-saut est d’ailleurs permis dans certaines zones, ce qui rend l’exploration plus agréable. Ce n’est peut-être pas vraiment le cas dans les combats sur son dos. Contre les dragons notamment, l’utilisation de Torrent est fortement recommandé, même si cela rend la chose un peu plus chaotique. D’abord, les dragons sont trop grand pour être constamment en visu et il faut être très attentif pour ne pas se faire désarçonner dès que la tête de la bestiole est hors de vue. C’est une gestion complexe et pas totalement au point. Le saut en lui-même reste un point très sensible, car les chutes seront nombreuses. Une falaise qui apparaît soudainement sous vos pieds, cachée par l’horizon ? Mort assurée. Une distance d’une corniche à une autre mal calculée ? Encore pareil. Fort heureusement, le joueur pourra se réjouir, car dans les donjons, Torrent n’est pas invocable. Vous aurez alors la chance de faire la connaissance de la verticalité, une touche présente dans toutes les zones dont vous ferez les frais tôt ou tard. Soit à cause d’un ennemi, soit à cause de votre propre bêtise, soyez-en sûr : vous finirez par tomber.
En dernier point de cette section, nous pouvons nous attarder sur la narration environnementale. En effet, la narration dans Elden Ring est assez particulière (nous aurons bien l’occasion de la traiter dans la section suivante) et elle est aidée par les décors. Au fil de vos escapades dans les recoins de l’Entre-Terre, vous découvrirez des lieux à couper le souffle et qui auront tous quelque chose à vous dire. Que ce soit par les créatures qui y habitent, par les envahisseurs qui s’y trouvent ou par les boss en eux-mêmes, l’architecture des lieux sera votre principal narrateur. Attardez-vous, admirez, explorez et lisez les descriptions d’objets que vous trouverez, la plus petite information, le plus petit détail saura vous être utile.
Vous l’aurez sans doute compris, mais l’histoire d’Elden Ring regorge de secrets, de mystères, de part d’ombre et d’éléments en tout genre qui forment un puzzle une fois assemblés. Ceci était déjà le cas dans les précédents opus et le moins que l’on puisse dire, c’est que de tous, Elden Ring est à la fois le plus abordable mais aussi le plus complexe.
Lady Tanith et son chevalier du Creuset en tant que garde du corps. Maîtresse du Manoir du Volcan et personnage énigmatique, clé d'un grand nombre de secrets.
Si le studio s’est ouvert à un plus grand nombre, les ingrédients de leur succès restent les mêmes. L’histoire d’Elden Ring, par conséquent, reste aussi cryptique et noyée dans le brouillard que possible. Ce sera à vous, joueur, de vous emparez de l’univers et de reconstituer votre propre histoire. D’abord au travers de ce que le jeu voudra bien vous dire (la cinématique d’introduction par exemple), ensuite par les différents PNJ que vous croiserez, par les boss que vous rencontrerez, par les environnements et surtout par les descriptions d’objet. L’aide de Georges R.R Martin apparaît alors comme un atout majeur pour la richesse de cet univers, l’homme étant connu pour la complexité de ses univers, de ses personnages et de son approche réaliste des temps médiévaux. Néanmoins, au cours du jeu, il se peut que vous ne ressentiez jamais cette influence et c’est tant mieux. La collaboration entre les deux artistes était donc fertile et de fait, le travail de Martin se marie à merveille avec l’univers parfois tordu du japonais.
De ce fait, l’histoire reste en grande partie secondaire et le joueur pourra tout à fait faire le choix de passer outre et de se concentrer sur les combats ou sur l’exploration. Bien entendu, il est toujours plus agréable de construire une vraie cohérence d’après ce que nous vivons dans le jeu mais le choix demeure le vôtre. C’est probablement d’ailleurs ce que feront les joueurs avec les quêtes.
Les quêtes des PNJ sont des éléments importants dans Elden Ring. Ils vous conduiront à des récompenses fabuleuses, des armes atypiques ou à des zones entières parfois. La principale difficulté résidera dans la progression de ces dîtes quêtes, puisqu’elles demeurent de véritable casse-tête par moment. Ajoutez à cela l’immensité de la carte et vous êtes certains de passer, un moment ou à un autre, à côté d’une quête plus ou moins importante. Dans la toute première partie que nous avons lancé sur le jeu, nous sommes passés à côté des quêtes de nombreux personnages (Hyetta, Milicent, Cohryn, Rya ou celle du Coprophage). Sachez que ce n’est pas grave en soit et qu’à aucun moment vous ne serez bloqués par un PNJ auquel vous n’avez jamais parlé. De plus, vous pourrez toujours débuter une nouvelle partie pour venir à bout des quêtes que vous avez loupé. Il serait dommage de faire une partie d’Elden Ring sans croiser la route d’Alexander Poing d’Acier ou de Blaidd le semi-loup, qui comptent parmi les meilleurs PNJ jamais inventés par FromSoftware.
Pour ceux qui feront l’effort de se plonger dans l’histoire complexe et ténébreuse d’Elden Ring, ils seront récompensés par une richesse incomparable en terme de construction d’univers et d’agencements de références mythologiques, culturelles et théologiques. Vous incarnez donc un Sans-Éclat, une sorte de mort-vivant, ramené à la vie par la grâce (micro-fragment du cercle d’Elden et incarnation de la Volonté Suprême), destiné à restaurer le cercle d’Elden et devenir seigneur de l’Entre-Terre. Pour y parvenir, vous devrez vous acquittez d’une tâche hors-norme : vaincre les demi-dieux et s’emparer de leurs runes majeures pour espérer ensuite pénétrer la capitale et parvenir jusqu’à l’Arbre-Monde. Un objectif peu clair il faut bien l’avouer. Pour faire plus simple, vous aurez besoin de vaincre deux boss majeurs dans un premier temps parmi les sept possesseurs de runes majeurs (au nombre de 7 au total). Ensuite, vous pourrez vous rendre dans la capitale pour y affronter plusieurs ennemis qui gardent le trône d’Elden. Mais si vous pensez que vous arrivez à la fin de votre aventure, vous vous trompez lourdement, puisqu’après cela, il vous restera encore un nombre assez considérable de zones à explorer et de boss à anéantir pour parvenir à la fin du jeu.
Le jeu est extrêmement généreux, que ce soit en terme de boss, d’objets à collectionner ou d’armes à utiliser. Le bestiaire aussi est extrêmement développé, ce qui donne énormément de substance à l’aventure. Pourtant et c’est là le plus gros point faible du jeu : c’est qu’il est un peu trop généreux. Dans la dernière courbe du jeu, les zones deviennent moins inspirées, vides et pas spécialement intéressant. Les boss présents y sont répétés ou assez médiocres et les obstacles sont à s’en tirer les cheveux. La patience du joueur est déjà bien entamée et cela c’est sans compter la dernière ligne droite du jeu, qui demande d’affronter encore 6 boss, quasiment d’affilée (le géant de feu, le duo sanctechair, Maliketh la Lame d’Ébène, Gideon Ofnir, Godfrey et Radagon). Autant dire que c’est l’overdose et on le ressent. L’exploration nous a été plus rapide, moins attentive, du fait que l’impatience de finir le jeu se faisait ressentir un peu plus. Tout cela, en sachant qu’il nous restait encore la région de l’Arbre-Sacré de Miquella et Elphaël à explorer afin d’y trouver un certain boss. La grandeur du jeu en arrive à l’absurde et le rythme en est cruellement victime. Cela donne ainsi beaucoup moins d’impact à la fin du jeu alors que celle-ci est censée être à son climax.
Maintenant que nous avons parcouru l’histoire en établissant les points principaux et les mécaniques de jeu, il est temps de se plonger véritablement dans le cœur du jeu en lui-même.
Le Cœur de l’Aventure
Elden Ring est un jeu à formule, c’est-à-dire que dans son cahier des charges, un nombre important d’éléments ont été conservés des jeux précédents afin de permettre la pérennité d’une certaine marque de fabrique. Ainsi, le mode de combat, le système d’inventaire, le modèle des quêtes et de la construction d’univers labyrinthiques (pour ne citer qu’eux) sont des éléments déjà trouvables dans les précédents jeux. Les développeurs gardent ainsi une certaine aisance dans leurs travaux tout en essayant de le renouveler. Le fait que ce soit le premier monde ouvert est d’ailleurs une preuve du défi que se sont lancés les créateurs. Le monde ouvert est un type de jeu qui met l’accent sur l’exploration d’une carte de taille importante avec de nombreuses choses à faire et à découvrir. La formule est prisé par des studios comme Rockstar (GTA, Red Dead Redemption) ou Ubisoft (Assassin’s Creed). Dire que le style est populaire serait un euphémisme, il est bien difficile de trouver un studio qui ne s’y est pas essayé. Chez les joueurs, une overdose s’est faite ressentir, reprochant aux jeux d’être inintéressants, dirigistes dans leur exploration, submergés par des points d’intérêts sur la carte ou tout simplement, vides. Il paraît donc curieux que From. s’écarte de sa formule habituelle pour s’essayer à un style surfait et boudé par les joueurs. Le pari est d’autant plus risqué quand on a une petite idée de la mentalité de certains joueurs fans du studio et qui se montrent frileux à ces changements.
Curieusement, le jeu s’essaie à la perfection au monde ouvert. Le monde global est très grand, les zones sont variées et expriment des ambiances, des sons, des propositions visuelles bien différentes les unes des autres. Durant votre progression sur la terre, vous serez d’autant plus surpris de trouver un tout autre monde sous la terre, ce qui a de quoi provoquer de véritable vertige étant donné l’étendue du monde qui s’offre à vous. Cela donne aussi lieu à quelques zones qui sont assez mauvaises, soyons francs. Le Lac Putréfié est un exemple parfait de certaines lubies du studio qui semblent assez incompréhensibles et qui provoquent une grande frilosité de la part des joueurs. Cette même déconvenue qui pouvait être ressentie quand on atteignait le fond du Hameau du Crépuscule ou lorsqu’on accédait à la Lisière Gelée. À croire que la fascination de Miyasaki pour les grands terrains vides et souvent empoisonné devient plus un caprice étrange et qu’il est difficile de critiquer sans passer pour un rabat-joie. Cela étant, il existe d’autres zones qui sont moins bonnes pour différentes raisons. Les Champs de Neige consacrés et la Cime des Géants apparaissent souvent comme les zones les moins appréciées du jeu, notamment à cause du manque d’originalité des boss qui y sont présents, des ennemis insupportables qui les peuplent et aussi de par le grand vide qui habite ces zones. Les Profondeurs de Fonderacine est aussi une zone un peu décevante, car peu intéressante alors que pourtant importante pour l’Histoire et toute la fascination qui pèse autour du personnage de Godwyn le Doré. Fort heureusement, le lieu renferme la conclusion de la quête de Fia et offre un combat de boss mémorable contre Fortissax, bien qu’un peu trop aisé.
Pour le reste des zones, on ne peut qu’applaudir la grande créativité et l’évolution formidable que le studio propose au cœur de son titre, tant elles regorgent de secrets, de PNJ et d’objets à découvrir. Si quelques passages sont forcément moins palpitants, l’expérience demeure complète. L’organicité de la carte et sa cohérence globale vous permettrons alors de retracer des pans de la Grande Histoire d’Elden Ring et, qui sait, d’en percer les mystères. Pour cela, vous serez également aidé par les PNJ. Nous en avons déjà parlé, ces personnages qui stationnent à des endroits précis et selon des conditions assez floues, vous seront parfois d’une aide précieuse. Les meilleures quêtes sont certainement les plus simples par ailleurs. Quelle joie de venir en aide au formidable Guerrier-Jarre ou de combattre aux côtés de Blaidd lors du Festival, contrairement aux titres précédents, les interactions entre les joueurs et les PNJ sont plus fréquentes que jamais. Malheureusement, de cette aventure en découle aussi une grande frustration. Des paroles parfois obscures ou des conditions requises pour faire apparaître le dit PNJ, la confusion règne en Entre-Terre, ce qui vous fait passer à chaque fois à côté de pans de l’aventure. De manière subjective, je peux évoquer mon épopée tragique lors de ma première partie et de ma quête désespérée pour faire la rencontre de Ranni la Sorcière. Dans mes premières heures de jeu, je suis passé à côté d’éléments fondamentaux qui ont eu raison de ma progression. Ainsi, l’exploration du manoir Caria a donc débouché sur une véritable déception voyant que la tour était vide. Il existe toujours des solutions pour contrer ses difficultés, on peut penser à la purification dans l’Église des Vœux ou même la possibilité de regarder les solutions en ligne (ce qui est encouragé par les développeurs). De là à dire qu’elles conviennent à tous les joueurs, il y a un grand pas.
Ranni, fille de Radagon et de Rennala. Charismatique et envoûtante, elle vous offrira une alternative à votre quête, mais il vous faudra trahir un certain nombre de personnages pour se faire.
En réalité, il s’agit du même problème que pour les zones maudites citées plus haut. FromSoftware a tendance à appliquer une formule sans jamais vraiment la remettre en question et de notre humble avis, Elden Ring ne devrait pas avoir à en souffrir de la sorte. Parce que les véritables défauts du jeu, ce sont parfois des appuis qu’il faudrait peut-être revoir ou même améliorer. Les quêtes des PNJ n’ont pas à être aussi compliquées et nébuleuses, les joueurs ne devraient pas avoir à en souffrir. De même que pour la résolution de ces dernières, qui se concluent presque toujours sur la mort du personnage en question. C’est thématiquement lié au monde ruiné qui nous entoure que de tels dénouements ont lieu, mais de là à les rendre systémiques, c’est une vraie plaie et qui se traduit par un profond essoufflement. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’elle est complètement obsolète, puisqu’elle fonctionne toujours avec un grand nombre.
Il y a toujours moyen d’améliorer la formule sans la trahir nécessairement et on dirait justement que le studio en a conscience. Ce n’est pas pour rien que les méthodes de combat, d’amélioration d’armes et d’armure sont aussi simples à prendre en main, parce que n’était pas quelque chose d’acquis dans Dark Souls par exemple. On voit que le jeu s’ouvre et d’ailleurs, les prochaines décisions du studio vont davantage dans ce sens, notamment avec l’annonce de The Duskbloods et du portage d’Elden Ring sur la Switch II. Pour le meilleur ou pour le pire ? Seul l’avenir le dira.
L’aventure Elden Ring est une pièce unique du studio, cela va sans dire. Certains y verront le jeu le plus abouti, le plus complet et le meilleur jeu que FromSoftware n’aie jamais développé. D’autres y verront simplement une étape supérieure de franchie tout en espérant que le prochain jeu (hormis Nightreign), se montrera plus grand et encore meilleur que son aîné. De notre point de vue l’immense succès du jeu pose un grand nombre d’interrogations légitimes dans la communauté des joueurs, aficionados comme amateurs. Est-il possible de faire mieux ? En sommes-nous arrivés au point d’orgue de l’aventure des souls ? Bien qu’avec de nombreuses qualités qui nous font fermer les yeux sur les défauts majeurs du jeu, la prouesse d’Elden Ring pousse la communauté à douter qu’il soit un jour possible de renouveler la formule qui commence à s’essouffler.
Comme ébauche de réponse, nous pouvons suggérer de revenir à des bases plus humbles, à des jeux peut-être plus courts, plus modestes mais non moins riches. De part certains aspects, le studio a tendance à confondre intensité et longueur. Sans nul doute que Hidetaka Miyasaki a encore de nombreuses idées à tirer de son chapeau et qu’ils (lui et son équipe) parviendront à nous surprendre encore et encore. Nous ne pouvons qu’attendre, les doigts croisés, pour que la magie continue d’opérer tout en profitant d’une nouvelle partie d’Elden Ring pour combler l’attente.
Boss
Les boss, ces ennemis impitoyables qui marquent une étape supérieure dans la progression du joueur au sein du jeu. S’il y a bien une chose iconique associée au studio, ce sont bien les boss. Très vite et dès Demon’s Souls, les développeurs mettent l’accent sur ces adversaires, conscients de leur place primordiale au sein de l’œuvre. Si le premier jeu proposait une sélection d’opposants aux combats dirigés (dans le sens où il y a toujours une faiblesse à exploiter pour battre le boss), les prochains jeux s’en éloigneront pour se diriger vers des affrontements plus frontaux. Les joueurs sont invités à se protéger avec des boucliers, à rouler pour éviter les attaques et plus tard, à sauter au-dessus. La difficulté est donc plus accrue, parfois pas vraiment dans le bon sens.
Nous en arrivons donc à la question primordiale: c’est quoi un bon boss ? D’abord, un bon boss n’est pas obligatoirement un boss difficile, soyons clair là-dessus. Il peut l’être, à condition que son niveau de challenge soit adapté à la progression dans l’aventure et que cette difficulté ne soit pas artificielle. La difficulté artificielle est un concept qu’on incombe à des adversaires qui ne se voient attribuer le titre de difficile uniquement parce que leur barre de vie est absurdement grande, qu’ils possèdent des attaques qui one-shot ou qui sont parfaitement injuste. Le Dragon Ancien dans Dark Souls 2 est nécessairement le premier exemple qui doit vous venir en tête si vous êtes un vétéran de la trilogie d’origine.
Vous le savez sûrement, mais le deuxième opus est celui qui possède le plus de boss parmi les trois jeux (41). Dans ces 41, seul un tiers sont des boss corrects. En effet, les développeurs ont voulu jouer la carte de la quantité au détriment de la qualité, ce qui donne une aventure rythmée par énormément de boss mais parfaitement inégaux. Pour en revenir au Dragon Ancien, il s’agit d’un boss optionnel, qui se déclenche seulement si on l’attaque. Gigantesque, possédant une vitalité énorme et des attaques injustes, le combat est catastrophique. Déjà, la taille de la créature fait que vous ne puissiez pas la visualiser dans son ensemble, ce qui rend la lecture de ses paterns (attaques qui reviennent régulièrement et que le joueur doit apprendre à éviter) absolument impossible. Les joueurs ont mis au point des stratégies pour pouvoir venir à bout de cet ennemi avec le moins de mal, mais autant vous dire que ce mode de jeu est ennuyant au possible et à l’encontre de l’esprit de la franchise.
Au final, Dark Souls 2 est un excellent moyen de comprendre comment un boss peut-être raté et considérable comme « mauvais ». La difficulté artificielle pour dire est ainsi presque éliminatoire, fort heureusement ils sont peu nombreux dans Elden Ring. Dans les autres critères, nous retrouvons l’injustice : est-ce que l’intelligence artificielle des ennemis est suffisamment correcte ? Afin que le joueur ne se retrouve pas submergée par des attaques qui arrivent trop vite, qui font très mal et qui sont utilisées sans arrêt.
Il y a aussi toutes les distinctions autour de la mythologie, du cara-design (caractéristiques du boss : armes, armure, environnement, attaque, lore). Des point supplémentaires peuvent être attribuées quand il y a une cinématique d’introduction. Il s’agit d’un élément majeur et qui est trop souvent négligé dans l’évaluation des boss. Certaines, vous allez bien le voir, sont absolument magnifiques, pensées comme de véritables morceaux de cinéma en or massif. Pour le joueur qui découvre le boss, c’est une véritable claque et une dose d’adrénaline directement injectée dans le veines de ce dernier. De quoi lui donner du courage avant de foncer dans la bataille.
Concernant Elden Ring
Sur ce, il est temps d’établir une sélection de quelques-uns des boss les plus mauvais mais aussi des plus marquants d’Elden Ring. Un petit bonus, de quoi vous donnez envie de vous frotter à l’aventure. Parmi les 200 boss présents, il a fallu faire de nombreux choix, parfois difficiles. Sachez tout de même que cette liste reste l’avis de notre rédaction et que votre appréciation d’un boss peut être totalement différente et c’est parfaitement entendable. Avant cela, il nous faut tout de même vous donner quelques petites indications concernant les différents types de boss présents dans le jeu.
Les boss de prairies d’abord, sont des ennemis facultatifs, hormis quelques exceptions (la sentinelle draconique à l’entrée du rempart de Leyndell). Ils ne sont pas enfermés dans des donjons ou des salles élaborées exprès pour leurs affrontements. Le joueur est donc libre de quitter le combat faute de points de vie ou de force suffisante pour en venir à bout. Certains apparaissent uniquement la nuit, c’est le cas des cavaliers crépusculaires ou des volatiles funéraires. Ils constituent une source de runes non négligeables pour l’amélioration des statistiques. Parmi eux, on retrouve les dragons. Avec environ un par zone majeure, les dragons font partie des ennemis qui deviennent lassant à battre, du fait de la répétition de leurs paterns, de leur similarité dans la tactique d’affrontement ou parfois à cause de certaines de leurs caractéristiques qui deviennent un calvaire. Boréalis et sa brume glaciale ou Ekzykes et la putréfaction écarlate ne sont que deux exemples parmi d’autres.
Il y a ensuite les boss de donjons. Ils sont contenus dans des niveaux labyrinthiques (grottes, tombeaux, catacombes) où arriver jusqu’à eux demande d’abord de se frotter aux épreuves. Outre les adversaires qui peuvent se révéler extrêmement sournois, c’est parfois la construction de niveaux qui se révélera un véritable cauchemar, comme les Catacombes de Leyndell, dont les joueurs en gardent encore des séquelles. Dans celles-ci, se cachent des ennemis particuliers, les plus courant sont les veilleurs de l’Arbre-Monde mais il existe en vérité un grand nombre d’adversaires trouvables. Ce sont parfois des opposants récurent et de temps à autres, vous tomberez sur des boss uniques (Esgar, Mohg le Réprouvé, Astel, le duo de chevaliers du Creuset). C’est cette inconnue qui doit vous pousser à retourner les quatre coins de la carte, il y a sûrement un boss unique qui vous attend.
Enfin, les boss majeurs, les demi-dieux et les légendes. Ils sont les ennemis les plus dangereux du jeu, mais aussi les plus importants. Vous en entendrez parler tout au long du jeu, parfois sans avoir la moindre connaissance du passé de ces personnages, parfois en ayant constaté leur puissance à travers les environnements et soudainement, ils vous apparaissent, en chair et en os, prêts à en découdre avec le misérable Sans-Éclat que vous êtes. Il y a toujours un petit frisson d’angoisse en arrivant devant le général Radhan, les jambes rongées par la putréfaction, à deux doigts de la mort et chevauchant avec peine son fidèle destrier. Que dire quand vous découvrez que Godfrey, le premier seigneur d’Elden est de retour de son exil et que c’est désormais le seul obstacle qui se dresse entre vous et l’Arbre-Monde. Des affrontements cinématographiques, épiques et intenses. Elden Ring brille sur beaucoup de points, les boss majeurs en font partie et c’est pour cette raison que la sélection des meilleurs boss en comptent énormément.
Il est temps de découvrir notre sélection des pires et meilleurs boss de Elden Ring, un classement subjectif.
Pires :
5 – Les Revenants Royaux
Pour finir cette liste, quoi de mieux que de terminer par un ennemi que tout le monde haï par-dessus tout. Le revenant royal est à la base un ennemi que l’on va croiser à certains endroits de l’aventure et généralement, nous ne sommes jamais ravis de les voir. Ce qui leur donne l’accès à cette liste, c’est la présence de l’un d’eux en tant que boss dans un sous-terrain aux abords de la forge d’Iji. Il fait partie de ce genre d’ennemis communs qui se retrouvent propulsés au statut de boss. Pour faire un rapide résumé, les revenants royaux sont infâmes à combattre. Ils sont rapide, peuvent se téléporter, cracher du poison et enchaîner un combo d’attaques qui vous tueront à coup sûr. Ils sont aussi extrêmement bruyants, leur design est affreux. Pas étonnant qu’ils se retrouvent généralement à la fin des classements quand il s’agit de dresser une liste des pires boss.
Petite mention spéciale à ceux qui se trouve dans les douves d’Elphaël et dans les égouts de Leyndell. Ils resteront parmi les plus mauvais souvenirs qu’on puisse se faire dans le jeu.
4 – Volatile funéraire (Cime des Géants)
Les boss récurrents dans Elden Ring sont assez courant comme nous l’avons déjà mentionné, mais il y en a certains que les joueurs retiendront plus que d’autres et ce, pour de mauvaises raisons. Le principal reproche du volatile funéraire est d’être un boss particulièrement irritant. Sans s’attarder dessus indéfiniment, le boss se contente de répéter les mêmes attaques agaçantes et particulièrement punitives. Sa difficulté est absurdement élevée et ses patterns sont illisibles, injustes et avec une distance d’action trop grande. Vous en rencontrerez plusieurs de ce type, y compris dans le DLC. Les plus énervants se trouvent dans les zones des Champs de Neige Consacrés et dans la Cime des Géants. Pour couronner le tout, ces ennemis se trouvent dans des espaces plutôt restreints et visiblement très peu optimisés pour combattre ces oiseaux de malheur.
On peut se demander ce qui a poussé les développeurs à mettre tant d’efforts dans des boss aussi secondaire, en plus de ne même pas proposer un boss de conclusion aux oiseaux. On nous parle souvent de l’Oiseau Bicéphale, son absence même se fait ressentir et on peine ainsi à véritablement comprendre la présence de ses oiseaux. Une vraie déception pour un jeu qui compte autant de boss et autant de répétitions.
3 – Gargouilles Vaillantes
Vous y verrez peut-être de l’acharnement, mais nous allons traiter ici d’un autre duo de boss. Décidément les boss multiples ne sont pas ce qu’il y a de plus réussi dans Eden Ring. Quand vous vous aventurerez à Nokron, il est fort probable que vous rencontriez les Gargouilles Vaillantes. Elles sont l’obstacle pour parvenir jusqu’à un cercueil qui vous mènera à une partie de l’Ainsel ainsi qu’à d’autres zones souterraines. Pour les speedrunners ou les chasseurs de platine, les Gargouilles sont une épine dans le pied.
Quand vous rentre dans l’arène, vous pénétrez dans une zone vaste, avec une cascade gigantesque en arrière-plan. Un paysage presque idyllique avant qu’une Gargouille géante ne fonde sur vous. Les gargouilles font partie des ennemis classiques des soulsborne avec les Basiliks et les Squelettes. LE boss de référence en cette matière, ce sont bien sûr les gargouilles du Beffroi dans le premier Dark Souls, celles qui gardent la première cloche de l’éveil. Le combat est tellement iconique qu’il aura droit à une répétition dans le second opus mais cette fois, avec cinq d’entre-elles. Un combat beaucoup trop difficile et parfaitement mal équilibré. Ici, il n’y en aura que deux et c’est largement suffisant, personne n’ose imaginer ce qui se passerait si une troisième gargouille mettait un pied dans l’arène. En réalité, si ce boss fait autant trembler les joueurs, c’est à cause d’une chose précisément : le poison.
Vous le savez sans doute, le poison est un incontournable des soulsborne, pas un seul jeu n’y a échappé. Évidemment, quand il ne s’agit pas de marais empoisonnés, ce sont les attaques qui le sont. Les deux gargouilles possèdent donc des gerbes empoisonnées, qu’elles s’amusent à déverser dans l’arène souvent… trop souvent. Malheureusement, ce qui devait constituer une simple difficulté ajoutée devient un véritable chaos une fois les deux ennemis face à vous. En plus de vous causer des dégâts d’empoisonnement, le contact avec le brouillard vert vous retire des points de vie, ce qui fait que ces derniers s’envolent à la vitesse de la lumière. Pas le temps de souffler ou de vous soigner, vous êtes déjà morts. L’intelligence artificielle de ce combat est aux fraises, parce que l’attaque est réalisée sans arrêt. Donc, il suffit qu’une des deux gargouilles échappe à votre vigilance et vous voilà aux prises avec un brouillard. Ce brouillard d’ailleurs est envahissant, il se répand très vite et sa zone d’effet est difficile à distinguer visuellement.
Le poison n’est pas le seul problème, car si vous devez sans cesse fuir pour éviter de vous faire empoisonner, tuer vos ennemis est une autre paire de manches. En effet, les gargouilles restent souvent proches l’une de l’autre, ce qui vous empêche de passer à l’offensive. Curieusement, cela rappelle par certains aspects le combat contre les gargouilles dans Dark Souls 2 que nous avons déjà mentionné. Heureusement, vous pourrez être aidé par D, celui qui sourit devant la mort, le frère du personnage du même nom, qui vous aidera si vous lui confier l’armure géminé de son défunt frère. Encore une fois, vous pourrez solliciter l’aide de vos cendres spirituelles.
2 – Le duo Sanctechair de Farum Azula
Les nobles et apôtres sanctechair sont des ennemis que vous serez amenés à rencontrer au moins deux fois chacun au cours de votre aventure si vous fouinez dans les coins. Séparément, ces ennemis sont globalement bons (si on excepte la roulade du noble qui est exagérément difficile à éviter). L’idée d’un duo, à la manière d’un Ornstein et Smough (Dark Souls), paraît cohérente et bienvenue. Si tout le monde se souvient du combat à Anor Londo, c’est parce le duo était particulièrement corsé et équilibré. L’un est gros et lent mais fait plus mal, tandis que l’autre mesure un peu plus ses dégâts mais est rapide et vous pistera. Pour le duo sanctechair, on retrouve la même mécanique mais inversée. Le plus gros a une meilleure allonge et est plus rapide tandis que le petit fait plus mal et est un peu plus statique.
Sur le papier, vous vous demandez sûrement ce qui cloche puisque le contrat donne l’air d’être simple à remplir et à tenir. Vous auriez raison, parce qu’en théorie, le combat en duo à Farum Azula avait toutes les chances d’être iconique, mais pour des raisons obscures, cet affrontement est probablement l’un des pires que vous puissiez trouver dans le jeu. Tout d’abord, comme nous l’avons mentionné subrepticement, l’attaque de la roulade du noble est dévastatrice. Grâce aux piliers, vous pouvez vous en sortir sans dommages, mais sans oublier que c’est un duo et que l’autre n’est sans doute pas loin. L’équilibre entre les deux ennemis n’est pas très bien géré, généralement on se retrouve facilement avec les deux qui collent aux fesses et qui ne vous lâchent pas. Encore une fois, la riposte paraît difficile. Fort heureusement, vous aurez des contre-attaques formidables, comme le lancement de pots d’endormissement, face auxquels ils sont particulièrement faibles. Ceci étant dit, faut-il encore le découvrir au cours du jeu, ce qui n’est pas évident pour tous les joueurs.
Vous pourrez aussi vous aider de Bernhald, le maître d’armes Réfractaire que vous croiserez dans une cabane de Voilorage et au Manoir du Volcan. L’aide d’un PNJ sera bien utile car il rend le combat équitable tout de suite. C’est un principe qui a toujours été bienvenue dans les soulsborne, celui de pouvoir combattre à deux ou trois un adversaire. Dans certains cas, les combats sont rendus beaucoup trop faciles, tandis que dans d’autres, ils parviennent tout juste à mettre tout le monde au même niveau. L’ajout des cendres spirituelles dans le jeu apparaît donc comme une mécanique appréciée.
Mais même l’intervention d’un tiers ne saurait vous faire passer le goût amer de ce combat, qui ne cessera de vous surprendre avec des déconvenues. D’abord, vous remarquerez que lorsqu’un des deux succombe à vos attaques, rien ne se produit. Le survivant se contente de poursuivre le combat, sans changement de phase, sans agressivité supplémentaire, rien de la sorte. Pour les connaisseurs, c’est la douche froide, eux qui ont été habitués à des combats dantesques avec des deuxième phases (les princes démoniaques, Gaël et Sœur Friede dans Dark Souls 3, Ornstein et Smough bien sûr mais aussi Lud et Zallen dans Dark Souls 2). Il paraît donc inconcevable que le duo ne bénéficie pas du même traitement, nous privant ainsi d’un combat qui aurait pu être extraordinaire.
La deuxième déconvenue, c’est quand vous voyez que l’ennemi que vous avez tué revient à la vie, avec une barre de vie toute neuve. En réalité, la grande barre de PV au bas de vôtre écran est distribué entre plusieurs ennemis similaires. Ainsi, il vous faudra les tuer encore et encore avant de les vaincre définitivement. En plus donc de n’avoir aucun rebondissement dans le combat déjà difficile qui vous est imposé ici, vous devrez prendre sur vous et serrez les dents encore un peu plus longtemps. Le duo vaincu, vous voilà enfin débarrassé de cette corvée, car il n’y a pas d’autres mots pour le décrire.
1 – La Bête d’Elden
Après être parvenu à vaincre Godfrey / Hoarah Loux, vous vous retrouvez à l’intérieur de l’Arbre-Monde où vous tombez sur Radagon de l’Ordre d’Or. Un ennemi humanoïde armé d’un marteau, rapide, dangereux et imprévisible. S’il est un boss particulièrement bon, du fait de son combat juste et équilibré, il possède une seconde phase assez déconcertante. Il faut aussi savoir que si vous mourrez lors de la deuxième phase, vous serez dans l’obligation de re-combattre le duo, de même que vous êtes obligé de bien gérer vos fioles car elles ne seront pas réinitialisés entre les deux phases. Donc vous êtes encouragé à jouer la prudence et à bien connaître les patterns de ce premier boss avant d’enchaîner le deuxième. Ceci dit, l’opération est plus facile à dire qu’à faire.
Après Radagon, son corps se métamorphose. Vous faîtes face à l’incarnation même de la Volonté Suprême. Elle gouvernait l’Entre-Terre après l’Éclatement par le biais de Radagon. Créature gigantesque aux multiples couleurs et à l’épée dorée, la Bête d’Elden impressionne autant qu’elle suscite l’intrigue. Sa forme ne ressemble à rien que l’on connaît, ses couleurs aussi sont inhabituelles, de même que son arène. Elle est mi-terrestre, mi-marine et parvient à se mouvoir dans le ciel et la terre comme si de rien n’étaient. Si vous avez bien la sensation d’être en face d’un adversaire unique, légendaire et particulièrement puissant, sachez que le combat a été une déception pour les joueurs.
Pour notre liste, nous avons choisi volontairement de dissocier Radagon de la Bête d’Elden, puisque nous considérons qu’il s’agit de deux boss bien distincts malgré tout. Aussi, si la présence de la première phase avait été prise en compte, le double boss n’aurait pas eu sa place ici, puisque ce dernier est un bon boss, contrairement à la Bête. Comment le boss final d’un jeu aussi incroyable que Elden Ring peut se révéler aussi décevant ?
La Bête d'Elden, créature divine impressionnante, dernier défi de l'aventure.
En premier point, le fait que les deux boss ne soient pas séparé est un argument massue. Le fait de devoir gérer deux adversaires aux patterns complètement différents n’est pas une chose aisée et peut paraître parfaitement injustifié. D’autant plus que ce n’est pas la première fois dans l’histoire des soulsborne qu’un duo de la sorte se présente. En effet, dans Bloodborne vous aviez un exemple similaire avec Gherman et la Présence Lunaire, mais l’on peut le voir comme une exception en sachant que le deuxième boss n’apparaissait qu’à certaines conditions. Dark Souls 2 aussi avait le même concept, il y avait d’abord les deux veilleurs du trône, ensuite Nashandra et enfin Aldia. Dans les deux cas, la possibilité de les combattre séparément après une mort était possible, ce qui rendait l’exercice un peu plus accessible et moins frustrant. Mais si c’était le seul argument que nous avions, il serait bien faible.
Le second point, c’est tout ce qui entoure les attaques de la Bête. Elle alterne entre des attaques sacrées et des coups avec son épée portée sur une grande distance. S’agissant d’une grande bestiole, l’apprentissage des patterns paraît corrompu et difficile. La plupart des attaques sont donc difficiles à éviter, même si vous jouez avec un bouclier. Il est toujours possible d’arriver à éviter ces attaques, mais au bout d’un moment et vu la grande résistance globale du monstre, vous vous ferez toucher inévitablement. Donc, quand vous n’êtes pas à la merci de son épée, à vous de prendre garde aux incantations, celle des cercles dorés notamment. Ce problème des attaques est en réalité lié à un troisième et dernier problème majeur : la lâcheté.
La Bête d’Elden – et personne n’est honteux de le dire – est un lâche. Ce que vous nous avons volontairement mis de côté jusqu’à lors, c’est que le boss est constamment en mouvement. L’arène étant massive, il parcourt la carte en plongeant dès que vous êtes un peu trop près et ré-enchaîne sur d’autres attaques. Cela vous laisse ainsi tout le loisir d’aller courir pour le poursuivre, un véritable plaisir. D’autant plus qu’avant un certain patch, il n’était pas possible d’avoir recourt à Torrent (le destrier), vous obligeant ainsi à parcourir la distance à pied, ce qui est absurde. Ainsi, c’est une véritable épreuve d’endurance qui vous attend et aussi de patience. Mettre quelques coups dans la poitrine du monstre relève du miracle vous pouvez me croire. Sachez qu’en trois parties, je n’ai réussi qu’une seule fois à briser sa posture et à lui infliger une attaque viscérale. C’est pour cela que vous recommande d’avoir recours à vos cendres spirituelles durant ce combat, c’est de loin celui où vous n’avez absolument pas à vous sentir honteux de l’utiliser.
C’est pour cela qu’à mon sens, il s’agit du boss le plus décevant du jeu. Parce qu’en soit, les autres ennemis sur la liste sont bien pires, mais la Bête d’Elden est le boss final, le dernier ennemi du jeu. Donc, l’effet que ça laisse sur la conscience est entaché. Pour un souls c’est une véritable aberration.
Meilleurs :
5 – Maliketh, la Lame d’Ébène
Pour chaque joueur d’un soulsborne, il y aura toujours un moment où ce dernier restera bloqué. Que ce soit face à un niveau, un ennemi puissant en particulier ou contre un boss. Ce dernier cas nous est arrivé dans cette aventure en la présence du personnage de Maliketh. Ombre de Marika et gardien de cette dernière, il a été trahi par la reine qui a enfermé la Mort Destinée à l’intérieur de son corps pour empêcher quiconque de se l’approprier et de libérer la mort. Durant votre aventure et pour pouvoir occire le dieu de ce monde, le gardien est un passage rude mais obligatoire.
D’abord présenté sous les traits d’un PNJ déjà connu des joueurs en la personne du Clerc Bestial. Mais, une fois la moitié de ses points de vie envolés, une cinématique se lance et le vieux loup dévoile son véritable visage. Maniant une lame noire imposante, comme taillée dans l’obsidienne, Maliketh se révèle être l’un des combats les plus difficile du jeu mais aussi l’un des meilleurs. Il s’agit d’une épreuve pour savoir si vous êtes fin prêt à poursuivre plus en avant, face à des adversaires dont la puissance frôle celle des dieux.
Contre Maliketh, l’affrontement sera plutôt court, le jeu vous donnant un peu de répit durant une première phase moins endurante, plus télégraphiée. Prenez cela comme un échauffement, car une fois ce stade franchi, l’adversaire bondit d’un bout à l’autre de l’arène avec une vitesse démentielle. Sa lame tourbillonne dans les airs, balançant des ondes rougeoyantes qui consumeront votre vie peu à peu et réduisant le maximum de PV récupérable au cours du combat. Rapide est une chose, intouchable en est une autre. Il possède une certaine résistance et les fenêtres pour lui infliger des dégâts sont rares et brèves. Avec ce bref portrait, vous comprendrez aisément pourquoi cet ennemi constitue un véritable mur dans la progression et aussi pourquoi nous avons mis des heures avant d’y parvenir.
Outre les aspects techniques requis pour vaincre la Lame d’Ébène, le combat gagne énormément de points grâce à son aspect cinématographique plus qu’accentué. La cinématique de mi-combat, les paroles adressés au joueur, l’arène somptueuse et bien sûr, le cara-design du vieux loup. Une chose est sûre, son armure noir et or vous restera gravé en tête.
Maliketh, Ombre de la reine Marika et ennemi redoutable. Un des combats les plus emblématiques du jeu.
4 – Rellana, lame de la Pleine Lune
Autant Rennala, reine de la Pleine Lune est un boss assez peu captivant, autant la sœur cadette de cette dernière constitue un véritable tour de force. S’étant détourné de l’Académie de Raya Lucaria pour former son propre courant dans le Monde des Ombres, Rennala s’est rapproché de Messmer L’Empalleur afin d’en devenir son Épée. Des théories suggèrent aussi un intérêt amoureux. La jeune femme se trouve dans le château d’Ensis et même s’il est possible de passer à côté, il est plutôt probable que vous tombiez dessus durant votre exploration. Il y a aussi une forte probabilité qu’il s’agisse d’un des premiers boss que vous affrontiez en mettant les pieds dans ce DLC. Il faut bien avouer que les développeurs ont fait plutôt fort et le mot est faible.
Rellana se bat avec deux lames, l’une en flammes, l’autre imprégnée par la magie. Un côté représente son affiliation à la famille Caria, l’autre à son allégeance envers Messmer. Cette combinaison n’est pas sans rappeler le Grand Maître Sulyvahn, l’un des boss les plus puissant de Dark Souls III. À la comparaison entre les deux cependant, il n’y a aucun débat. La spécificité du combat contre la sœur cadette, c’est la rigueur dont il va falloir preuve pour en venir à bout. Les attaques sont tellement millimétrés, chorégraphiés que la moindre erreur vous coûtera la moitié de votre vie. En effet, les coups sont dévastateurs et l’échec n’est que peu toléré. En contre-partie, Rellana ne possèdent pas véritablement de patterns compliqués, vous aurez vite fait de les apprendre. Les éviter, c’est un autre problème, puisque comme nous l’avons mentionné, vous n’avez pas le droit à l’erreur. L’arène par contre, est suffisamment grande pour vous permettre de vous retirer un instant afin de regagner de la vie, mais ne traînez pas trop.
Enfin, il s’agit d’un véritable combat d’endurance, du fait du faible nombre de dégâts que vous infligez, encore plus si vous venez d’entrer dans le DLC. Même en exploitant les faiblesses comme le poison ou le saignement, il vous faudra briller par vos talents pour véritablement avoir la chance de vous en sortir avec les honneurs.
Vous l’aurez compris, Rellana est une épreuve de test, pour estimer votre valeur et savoir si vous êtes digne de progresser plus loin dans l’aventure. Croyez-moi, cela serait misérable de finir le DLC sans croiser la route de la chevaleresse.
3 – Messmer, l’Empalleur
Il a été teasé comme le grand méchant du DLC, comme l’ennemi le plus puissant que vous alliez rencontrer et même si ces deux dernières informations sont fausses, Messmer parvient sans conteste à prétendre au titre de meilleur boss du DLC. Dès le début du jeu, vous entendrez parler de ce dernier et ce, jusqu’à ce que vous le rencontriez enfin. Ajoutez à cela l’exploration d’un monde profondément marqué par son passage, par le biais des personnages que vous aller croiser ou simplement par le paysage, ravagé par les flammes, baisé par la suie, la braise et la mort. Pour parvenir jusqu’à lui, il vous suffit de vous rendrez au château noir, ombragé par l’Arbre des Ombres qui le surplombe. Comme les autres enfants de Marika, Messmer est lui aussi né avec une affliction, il est habité par un démon, un serpent qui prend possession de son corps. Pour permettre à son fils de vivre, sa mère enferma le serpent derrière son œil droit, ce même œil que le demi-dieu extirpera de son orbite lors de la deuxième phase de son combat dantesque.
Il est un ennemi humanoïde, de taille modeste mais extrêmement rapide et nerveux. Il possède un large panel d’attaques dont une de saisie qui se révèle meurtrière. En somme, la première phase n’est pas la partie la plus compliquée, tout le monde s’accordera facilement là-dessus. Les offensives sont facilement discernables et l’esquive est plutôt facile à prendre en main, même si les erreurs demeurent punitives. Comme souvent, c’est la deuxième phase qui vous donnera un peu plus de fil à retordre. Pour ceux qui ont déjà joué à Bloodborne, la phase vous donnera certains souvenirs du combat contre les Ombres de Yarnham, un trio d’ennemis encapuchonnés qui invoquent des serpents géants dans leur dernière phase et qui fondent sur vous comme des déments.
Messmer laisse libre court au serpent qui est en lui et il est dévastateur en plus d’être gigantesque. Cette fois, il va falloir encore plus de réactivité et de flexibilité dans vos mouvements pour pouvoir vous débarrasser de l’Empalleur. Les têtes du serpent sont difficiles à prévoir et à esquiver, comme la plupart de toutes les autres attaques. Mais c’est surtout le rythme qui pourrait avoir raison de vous, ce dernier étant parfaitement infernal à supporter.
L’aspect cinématographique de cet affrontement ne fait aucun doute et est encore plus renforcé par sa place importante dans l’Histoire. Soyons clair, Miquella est au centre de Shadow of the Erdtree, c’est lui que vous recherchez au cours de votre quête et chaque boss que vous tuez est un pas de plus vers lui, vers Enir-Inn. Mais pourtant, l’histoire du Royaume des Ombres est avant tout centré sur Messmer. Donc, vous affronter en quelque sorte le deuxième boss final du jeu, le grand méchant si vous voulez. Encore une fois, Messmer obéit aux ordres de Marika, la conquête du château et anéantissement des Kérastiens sont des affaires de pure vengeance. Comme toujours dans les univers complexes du studio FromSoftware, il est bien difficile de discerner le bien et le mal, ces derniers possédant des frontières similaires et indiscernables, une leçon que tous les joueurs de Dark Souls ont appris contre Gwen.
2 – Godfrey, Premier Seigneur d’Elden
Un peu à la manière du boss précédent, Godfrey appartient à la catégorie de personnage qui sont présents tout au long du jeu, de manière plus ou moins subtile. De fait, le premier époux de Marika est présenté dès le début du jeu, dans la cinématique d’introduction. Vous apprendrez en effet tardivement que Hoarah Loux était le véritable nom de Godfrey et qu’il a pris son nom divin après son union avec la déesse. Il l’a aidé dans sa volonté de combattre les géants et il est aussi le chef des Sans-Éclat. Mais le seigneur a été banni et envoyé dans des terres sauvages où il y aurait péri avec ses hommes. Seulement, après l’éclatement du Cercle d’Elden, de nombreux Sans-Éclat sont revenus à la vie, y compris Hoarah Loux. Dans le jeu, après que vous ayez mis le feu à l’Arbre-Monde et que vous vous rendez sur la place où vous aviez affronté Morgott, vous trouverez le Seigneur à genoux, berçant le cadavre de son fils dans ses bras. Tandis que le corps du réprouvé s’effrite, Godfrey se relève et vous fait face. Il vous annonce ainsi prétendre au trône et regagner la place qui lui revient après tant de temps passé loin de chez lui. Bien entendu, vous ne pouvez pas le laisser faire.
Au-delà de son design impressionnant, Godfrey est un adversaire extrêmement brutal et puissant. Ses patterns laissent des ouvertures à saisir, mais il tape fort. Si vous aviez déjà eu un aperçu de ses mouvements avec une projection doré lors de votre premier passage, ce combat-ci se montre plus redoutable. Godfrey n’est pas très rapide, il a cependant une très grande portée et il vaut mieux ne pas vous faire prendre dans un enchaînement, sous peine de voir vos points de vie s’envoler. Quoi qu’il en soit, sa première phase reste assez faisable et accessible. La seconde phase en revanche et comme souvent, se distingue par sa difficulté accrue. Godfrey laisse tomber la hache et se sépare de Serosh, le lion qui avait pour but de contenir sa puissance véritable. Dans une courte cinématique impressionnante et quelque peu sanglante, le seigneur d’Elden retrouve sa force et son nom d’avant et désormais, votre adversaire est Hoarah Loux. C’est l’un des seuls ennemis de tout le jeu à se battre à mains nues, sa puissance physique étant telle qu’une arme ne serait qu’un obstacle.
Avec la force de ses bras qui vous empoignent, vous projettent en l’air et vous broie les cervicales, s’ajoutent la robustesse de ses jambes, gonflées de muscles saillants. D’un coup de pied ravageur, il scinde d’un cratère l’arène en deux. Pour couronner le tout, il possède un enchaînement de coups-de-poing qui vous broieront les os si vous n’avez pas le réflexe de vous écarter. Un combat de longue haleine vous attend, à la hauteur de sa place dans l’Histoire. En effet, c’est l’avant-dernier combat du jeu et vous vous devez de prouver que vous avez votre place sur le trône.
Mais ce qui fait de ce combat l’un des meilleurs du jeu, au-delà de son aspect très impressionnant et épique, c’est le fait que ce soit un combat très juste. À l’image de son personnage, le combat contre Godfrey est une synthèse de tous les autres combats, patience, précision et prudence sont les mots d’ordre. Juste est le mot car, plus que jamais, votre victoire ne dépend plus que de vous. Godfrey est en ce sens, un adversaire tout désigné, très noble et humble, il vous félicitera tout de même quand vous mourrez et reconnaîtra votre valeur dans la mort. Aussi, dans la victoire il vous donnera sa bénédiction pour siéger sur le trône d’Elden, vous marquant ainsi comme son égal. De ces courtes lignes de dialogue, en témoigne une grande force dans l’écriture de ce personnage, tellement important et ayant été annoncé tout au long du jeu, que son combat est d’autant plus marquant. Une chose est sûre en sortant de ce combat, vous comprenez aisément que vous venez de vaincre une très grande légende en ce jour.
Godfrey et Serosh, personnages inoubliables de cette grande épopée.
1 – Malenia, Lame de Miquella
Malenia est le genre de personnage dont la réputation la précède. Même si vous n’avez jamais joué au jeu de votre vie, vous avez sûrement entendue parler de cette dernière. Épéiste amputée du bras droit à la lame dorée et au casque ailé, la Lame de Miquella est considérée comme LE boss le plus difficile de n’importe quel soulsborne. Affirmation ou simples affabulations d’un public qui fait persister la légende, notre but n’est pas de répondre à ce questionnement. Pour notre liste, il s’agit néanmoins du meilleur boss d’Elden Ring pour des tas de raisons. Tout d’abord, la légende de Malenia s’inscrit dès son apparence. Ses cheveux rouges, son casque, ses membres dorés ainsi que ses yeux dévorés par le mal qui la ronge, l’Empyréene jouit d’éléments iconographiques marquant pour la rétine. Sa cinématique d’introduction est d’autant plus mythique. Endormie, guettant au pied de l’Arbre-Sacré l’éventuel retour de son frère disparu, la jeune femme est plongée dans un sommeil profond qui sera troublé par le Sans-Éclat que vous incarnez. Se lance alors un thème musical sobre et inquiétant, à l’image du style de combat de la Lame de Miquella.
À première vue affaiblie par sa malédiction, les quelques pas légers de Malenia sur le sol fleuri et humide de son arène laissent rapidement place à des attaques rapides et dévastatrices. La plupart de ceux qui affrontaient Malenia pour la première fois découvraient avec rudesse sa terrible puissance. C’est simple : pour battre Malenia, vous devrez esquiver, apprendre ses patterns sur le bout des doigts, anticiper ses moindres mouvements et lui infliger le maximum de dégâts dès que vous le pourrez. De plus, sachez que chaque attaque que vous laisser passer lui font regagner de la vie, ce qui double lourdement vos échecs.
Enfin, comment ne pas mentionner son attaque la plus mortelle : la danse des lames. Elle s’élance en l’air et se précipite en avant, provoquant une véritable tornade. Si vous êtes pris dedans (et dieu sait que cela est très difficile à esquiver), vous êtes à priori condamné. C’est probablement une attaque un peu injuste il est vrai, parce que les mouvements à effectuer pour échapper à lame ne sont pas évidents, ce qui entraîne forcément une grande frustration. Cependant, nous tenons à rappeler que Malenia est un boss complètement optionnel, nichée au fin fond d’une zone secrète et difficile. Toute l’architecture mise en place autour d’elle renforce l’idée qu’il s’agit purement et simplement d’une épreuve de force. Le dernier défi, avant ou après le combat contre Radagon.
Encore une fois, si vous vous montrez patient et déterminé, Malenia ne sera qu’un nom de plus sur votre liste de boss abattus. Enfin, cela c’est pour la première phase...
Malenia possède une seconde phase, comme la grande majorité des autres ennemis majeurs du jeu. L’Empyréenne provoque une éclosion (la même qui a ravagé la région de Caelid lors de son combat contre Radhan) et se change en une incarnation de la Déesse de la Putréfaction. Tandis que des papillons d’ivoine volent dans toute la salle, la guerrière fond sur vous et si vous n’êtes pas assez réactif, vous voilà déjà mort et bon pour recommencer. Cette seconde phase confirme le statut légendaire de ce boss et est probablement le moment où il est entré dans l’Histoire. Si elle garde les mêmes patterns, ses attaques sont dès lors chargées en putréfaction écarlate qui vous mènerons la vie encore plus dure qu’elle ne l’est déjà.
Malenia face à Radhan dans l'introduction du jeu. Sa puissance se laisse deviner lorsqu'elle fait face au colosse.
LE DLC : SHADOW OF THE ERDTREE
(NB: On vous conseille de jouer au DLC avant de lire la critique afin d’éviter tout spoil éventuel)
Sur l’ensemble des Soulsborne, cinq d’entre-eux possèdent un DLC. Ce sont des portions de jeu supplémentaire, utiles pour intégrer des pans entiers de l’univers qui paraissaient trop long et qui ne s’inséraient pas bien dans le jeu de base. Le DLC est un moyen plutôt malin de combler ses problèmes sans bousculer la cohérence globale du jeu. Elden Ring ne fait pas exception à la règle et si vous pensiez qu’un jeu aussi énorme avait déjà assez de matière pour proposer une histoire complète et qu’une portion de jeu supplémentaire ne semblait pas nécessaire, vous vous trompez. Ce qui se dégage de l’aventure et de son univers, c’est qu’on pourrait faire des milliers de partie sans jamais découvrir l’intégralité des détails que le jeu nous cache. L’idée d’un DLC dans ce cas, ne surprend personne tant le jeu a encore à offrir.
Messmer l'Empalleur, figure marketing primordiale et boss redoutable de SOTE
Tout commence dans le jeu de base, au palais Mohgwyn. Après votre rencontre et votre victoire contre Mohg, vous faîtes la découverte du cocon de Miquella, ce même cocon qui a été arraché à l’Arbre-Sacré et que vous avez vu lors de votre combat contre Malenia. Pour autant, les réponses vous manquent encore et pour en apprendre plus sur le sort de l’Empyréen, il vous faudra plonger au cœur du monde des Ombres. Guidé par Leda et ses fidèles – des guerriers qui vouent un culte à Miquella – vous progresserez dans ce monde pour retrouver le demi-dieu. Comme toujours, la vérité sera déconcertante, pour vous, comme pour tous les autres personnages. Évidemment, tout ne va pas bien se terminer et vous serez sûrement peiné d’en venir à affronter certains de vos anciens amis. Heureusement, ce n’est pas tout, parce que vous aurez également le grand plaisir d’obtenir quelques réponses par rapport à des questions de l’Histoire qui ne vous ont pas été dévoilés.
Compléter le jeu vous demandera une trentaine d’heures à peu près, un peu plus si vous avez du mal avec la difficulté. Cette dernière fonctionne différemment par rapport au jeu de base, car dans l’idée de ne pas déséquilibrer l’écart entre les niveaux des différents joueurs qui accéderaient au DLC, les développeurs ont mis en place un système avec des esquilles des ombres (dégâts infligés) et des cendres spirituelles vénérées (niveau des invocations). Elles sont disséminées aux quatre coins de la carte et vous seront d’une aide précieuse. C’est un excellent moyen de pousser le joueur à l’exploration, ce qui est un plus. Pour autant, la difficulté du jeu reste extrêmement élevée, il ne faut pas se voiler la face. Dès les premiers combats, vous vous rendrez vite compte que les boss sont résistants, font mal et sont très rapides. Nous y reviendrons, mais parfois cette même difficulté prend des proportions absurdes. Ainsi, en de nombreux points, ce DLC rappelle Astorias of the Abyss, une portion du jeu ajoutée à Dark Souls et qui apportait quatre boss supplémentaires en suppléments. Ces derniers (excepté le Gardien du Sanctuaire), sont considérés comme les boss les plus difficiles du jeu et à raison. Tous les joueurs sans exception, garderont des séquelles de leur combat contre le chevalier Artorias, autant à cause de la grande émotion qui entoure l’affrontement qu’à cause de sa difficulté. Chose étonnante, les DLC renferment souvent les boss les plus difficiles des jeux (Artorias, le Chevalier Fumerolle, Le Roi sans Nom, Ludwig ou encore, Messmer).
Qui dit DLC dit aussi nouvelle carte. Si les joueurs avaient imaginé naviguer entre quelques zones, tout le monde aura été plus que surpris de constater que la carte du DLC était tout simplement immense. Loin d’être aussi imposante que sa grande sœur, la carte se dote de 5 régions principales et qui comprennent des zones secondaires en leur sein. Ce qui donne une vingtaine de lieux à découvrir environ, ce qui est tout simplement colossal. La plupart de ces zones ne cessent d’impressionner, que ce soit la Base de Rhau et ses ruines antiques, le Château Noir labyrinthique, le Pic Déchiquetée et Bayle le Dragon ou encore la Plaine Sépulcrale avec ses fleurs tantôt rouges, tantôt bleues. Comme toujours, progresser au travers de ces différents lieux s’apparente à un véritable rêve éveillé. Des couleurs, des formes, de la hauteur, de la verticalité : on en prend plein les yeux à chaque seconde. Néanmoins, on ne change pas une équipe qui gagne et le DLC perd beaucoup en ayant les yeux plus gros que le ventre. La plupart des zones ne débouchent sur rien de véritablement pertinent pour le joueur et pour son équipement. Ce qui fait que nous nous trouvons dans des zones très vastes et belles, cela va sans dire, mais aussi terriblement vides. Des ennemis colossaux, comme les Géants du Fourneau combleront l’espace le temps d’un affrontement, mais rien ne pourra nous enlever l’idée viscérale de contempler le vide. Nous passerons aussi sur l’idée que de nombreuses propositions visuelles sentent un peu le réchauffé et peinent à convaincre véritablement. Peut-être aurait-il mieux valu se contenter d’un monde plus petit et plus concentré plutôt que de grandes plaines vastes et sans intérêt.
Pour les boss présents dans le DLC, c’est plutôt tranché. Les boss majeurs, ceux qui se dresseront obligatoirement sur votre chemin sont les plus réussis et font toujours mouche. De plus, la progression vers la fin est d’autant plus digeste que dans le jeu original. Le jeu se targue même de proposer un affrontement entre PNJ, selon le camp que vous choisirez (Leda ou le Kérastien). Pour le reste, c’est beaucoup plus mitigé. Il y a deux catégories distinctes si l’on puis dire : les boss de plaines sont souvent des réutilisations d’ancien boss ou des re-skins (Dragon Sépulcrale ou l’Ours Runique) et les autres sont de bêtes combat de PNJ dans des mausolées, où l’on peine à bien saisir la nature de ces affrontements. Des défauts qui sont minimes face aux nombreux efforts mis dans les affrontements principaux qui sont tout simplement hallucinants. Bayle l’Effroyable est sans doute le combat le plus impressionnant qui soit. Il s’agit du plus gros dragon que vous affronterez, ce dernier étant un peu plus volumineux que Placidusax. Nous avons déjà mentionné Rellana ou Mesmer, mais cela serait oublier le boss final : Radhan, futur consort.
Nous avons volontairement tût le nom de ce boss jusqu’ici pour éviter de trop vous dévoiler le dénouement du jeu et à raison, puisque découvrir le Fléau des Astres accompagné de Miquella est une véritable surprise pour le joueur. Si vous êtes rendu dans le DLC, c’est que Radhan est forcément mort. C’était une des deux conditions pour accéder au DLC et désormais, l’on comprend mieux pourquoi. En réalité, Miquella désir faire renaître Radhan au travers du corps de Mogh afin de s’emparer du trône d’Elden et imposer un nouvel ordre. Un plan évidemment que vous vous devrez de réduire à néant. Ceci étant dit, ce ne sera pas une mince affaire puisqu’il semblerait que nous ayons trouvé un boss encore plus dur que Malenia ici présent. Une véritable conclusion en apothéose, qui viendra sublimer un DLC déjà exceptionnel.
Pour conclure, c’est sans aucune surprise que Elden Ring constitue l’une des œuvres les plus importantes de ces dernières années et son statut de GOTY ne viendra que conforter les joueurs de sa place primordiale au sein de l’univers du jeu vidéo. L’apothéose d’un studio qui aura bien du mal à faire mieux que son titre, désormais devenu l’étendard de sa licence. Désormais confortable sur ses appuis, les récentes décisions de FromSoftware confirment leur volonté de s’élargir vers une nouvelle gamme de joueur. Que ce soit avec Nightreign qui emprunte des similarités avec les formules de Fortnite et autres Battle Royale, ou Duskbloods qui profite de son exclusivité sur la Switch 2 pour devenir une vitrine du studio au travers une autre plateforme, une chose est sûre : le studio a encore de beaux jours devant eux et leur rayonnement va continuer encore longtemps. Quant à savoir si la qualité va demeurer, la question reste ouverte.
Review écrite par Simon.G









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