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Review Musique - "TRANSFORM" de DECO*27

 Il y a eu un temps me concernant auquel je n’écoutais quasiment pas de musique. Quand j’étais au collège, j’écoutais soit du Uppermost ou du Tobu… ou sinon un peu de Vocaloid. Un peu de Rolling Girl ici et là, un peu de Black Board et surtout… un peu de DECO*27 en règle générale. Je me rappelle notamment d’avoir beaucoup dosé Streaming Heart, Mono Poisoner et Fakery Tale, concernant sa musique. Il y avait une vibe unique à ses morceaux qui marchait beaucoup sur moi. Mais quand je me suis vraiment mis à écouter du Vocaloid en fin 2017… et bien à part pour une ou deux autres chansons, j’ai totalement délaissé DECO*27. Oui, je l’ai lâchement abandonné. Ma fixation étant soit le métal ou la musique électronique à cet époque (avant de littéralement s’axer sur le métal), disons que la musique de DECO*27 a complètement été évaporé de ma tête. Enfin, jusqu’à ce qu’en 2024, je m’y replonge. Et c’est totalement surprenant de voir comment sa musique a évolué et a pris en maturité dans tous les sens du terme. J’ai attendu son neuvième album TRANSFORM de pied ferme, impatient de redécouvrir l’un des Voca-P de mon adolescence, et vraiment, je ne suis pas déçu du tout. Voyons ça plus en détail.


Pochette de "TRANSFORM"




30 minutes chirurgicales


L’album est court, 30 minutes pour 10 morceaux avec une petite introduction d’une quarantaine de secondes. Je sais bien que si l’album a été sorti il y a un an… je lui aurais sûrement reproché sa courte durée. Mais disons que moi-même maintenant apprécie de plus en plus les albums courts aux albums longs, et que pour le coup de TRANSFORM, cela n’est pas gênant. Au contraire, se sont 30 minutes totalement folles qui sont proposées, avec des morceaux qui n’ont pas peur d’innover, de tester des choses et d’exploser leur créativité dans tous les sens. Clairement, si vous voulez de la J-pop Miku toute sage et qui se mesure dans choses simples, ce n’est pas dans TRANSFORM que vous trouverez ça. Disons… que c’est un album bizarre. Un album bizarre qui se sait bizarre, et qui n’a pas peur de le montrer et d’en jouer. Cet album se sert de sa bizarrerie expérimentale et créative avec une justesse étonnante. Bien sûr que certaines chansons sont plus expérimentales et moins sages que d’autres, mais ça le fait toujours au moins assez mais jamais trop.


L’album montre au départ qu’il ne déconne pas avec sa première chanson Rookie, qui est une superbe démo technique de tout le savoir faire que DECO*27 met en place dans cet album. C’est simple, ce morceau fait absolument tout, et montre à l’auditeur que DECO*27 sait faire de la musique et qu’il n’est pas là pour déconner. C’est simple, on retrouve certes les guitares pop-rock fidèles à DECO*27, des mélodies accrocheuses, mais qui se changent en rap, avant de devenir un violent breakdown de metal… ? Plus de la j-pop toute cute… et ça report en DECO*27 avec plusieurs phases musicales et vocales de Miku. L’album part ensuite sur du mignon avec Hao qui me fera toujours penser à 1, 2 Fanclub de Mikito-P (et pour la bonne cause !) afin de reposer un peu les oreilles (même si le morceau a toujours ses excentricités) et on repart sur la fameuse et incontournable Rabbit Hole, qui doit être l’un des morceaux les plus connus de DECO*27 à l’heure actuelle, tellement que le morceau à surpris tout le monde par sa maturité et ses thèmes… sucrées, avec tous les fanarts plus ou moins épicés que cela a invoqué (comme tout le monde, je pense à l’animation de channel qui a choqué tout TikTok). C’est à mon avis avec Rabbit Hole que les gens ont compris que DECO*27 n’a plus rien à foutre de tout et que maintenant, il se lâche et peut écrire sur tout et n’importe et quoi sans avoir peur de quoi que ce soit, ce qui est très fort de sa part étant donné la place de producteur Vocaloid majeur qu’il occupe. Il a eu tout à gagner a rester grand public et sage, et pourtant, il se déchaine avec un morceau intelligemment explicite à sa propre saveur. C’est impressionnant, et ce morceau m’étonnera toujours. Plus tard dans l’album, DECO remontre encore une fois qu’il ne joue pas au garçon sage avec Sad Girl Sex, si jamais il y en a eu qui n’ont pas encore compris que l’ère mignonne de son album Mannequin (que j’aime énormément hein) est révolue.


L’album n’a pas que des singles variés dont certains pimentés comme vous l’avez compris. Les chansons exclusives de l’album ne sont pas en restes et sont tout aussi folles à leur propre sens. Le refrain de Friendzoned et hyper entraînant, expressif et reste dans la tête et l’excentricité de Aitai-alians qui part dans tous les sens avec pleins d’instrumentalisations différentes marque d'autant plus. Et tant qu'on y est, comment ne pas parler de ma chanson préférée de l’album, Fave Fix, qui est la composition la plus expérimentale de l’album, avec des mixtures rap et un refrain a plusieurs pistes et ad-libs qui me prend toujours le coeur personnellement, avec ses grosses guitares. Franchement, écoutez cette chanson, elle est dinguissime. C’est un sacré coup de coeur depuis la première écoute. J’en profite aussi pour parler de mon single pref de l’album, Monitoring, qui est d’une intelligence redoutable avec un clip parfaitement réalisé et avec l’un des meilleurs refrains de l’album. Les MWAH! de Miku restent toujours dans mon coeur, tellement ils sont à la fois mignons et inquiétants.


Par rapport à la fin de l’album, j’avoue que c’est un point un peu… étrange. Car j’aurais toujours cru que le single Neverland qui a tout d’une chanson de fin serait la chanson de fin de l’album… mais en fait non, c’est l’intrigante chanson Kiss-Me-Saurus qui est la chanson de fin. Une instrumentalisation fragmentée et un chant énigmatique pour une fin qui laisse perplexe et qui nous fait dire « Mais qu’est-ce que je viens d’écouter ? Pourquoi cette fin là ? ». Et pourtant cette fin fonctionne beaucoup trop bien, tellement elle se marie bien avec ce que l’album propose. Il avait une fin toute tracée, mais tellement prévisible et codifiée elle était, on termine sur quelque chose d’énigmatique et de… bizarre. Et quoi de mieux, pour terminer un album qui se veut bizarre ? Très joli prise de risque, que je salue de toutes mes forces.




Miku géniale


Je voulais dédier toute une partie au tunage de Miku dans cet album. Miku est la seule voix de l’album, et bénéficie ici d’un travail de tunage mélangé avec l’expertise de Crypton Future Media eux-mêmes, la compagnie ayant développé Miku. Et que donne le talent de DECO*27 et ses collaborateurs musiciens avec celui des créateurs de Miku… ? Cela donne l’un des meilleurs tunages de Miku que je n’ai jamais entendus de ma vie, et assurément la meilleure Miku que DECO*27 n’a jamais utilisé. Je vais être honnête, j’étais pas un giga fan de sa Miku dont je n’aimais pas son parti pris artificiel que pour le coup, je trouvais trop plat. On va me dire que « ouais gros débile Miku est un robot, évidemment que ça sonne artificiel ! » et oui je suis d’accord, mais j’avais vraiment ce seul problème qu’avec le tunage de DECO. Mais pour le cas de TRANSFORM, je suis en amour complet avec le tunage. Il est juste formidable ! À ajouter avec l’excellente production de l’album et son mixage aux petits oignons, sa Miku rend excellemment bien en toutes circonstances. Expressive à souhait, elle rend parfaitement justice aux excentricités des morceaux et leurs nombreux ad-libs jouent avec de multiples textures vocales qui sont rafraichissants à écouter. La nouvelle Miku de DECO*27 n’a jamais eu autant de personnalité et d’émotion dans ses chants, et aussi, l’entendre crier « Deco! » à chaque chanson est trop adorable. Bref, si vous aimez le Vocaloid bien tuné, alors vous allez vous éclater avec TRANSFORM. Je t’en supplie DECO, garde ce style de tunage, c’est tellement génial !




L’opération Masterclass


Que dire de plus sur TRANSFORM ? À par qu’il est devenu mon album préféré de DECO*27 et que je suis admiratif qu’un grand nom comme lui ose sortir un album comme ça ? ... j’en ai plus mes mots. Cet album est admirable sur bien des aspects, et pour moi est l’une des meilleures sorties de 2024. C'est un album que j’attendais énormément, et je n’ai pas été déçu. C’est personnellement pour moi un excellent retour de la musique de DECO (même s’il ne s’était pas arrêté quand j’avais arrêté de le suivre), et je suis impatient de voir ce qu’il a proposer de plus. Ah si, je peux ouvrir sur quelque chose, j’aimerais toucher quelques mots sur son projet narratif et interactif Milgram, dont il est l’un des producteurs. Si vous aimez la musique japonaise et les jeux de dilemmes moraux sur un joli background de justice et de meurtres, c’est le moment ou jamais pour vous y plonger, c’est juste génial !


La note de Akachroma : 17/20

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