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Review Jeu-Vidéo - "The Mortuary Assistant" de Darkstone Original

Sorti en août 2022 d’abord sur PC puis deux ans plus tard sur les consoles (PS4 / PS5 / Xbox One / Série X/S), The Mortuary Assistant a été développé par Darkstone Original et publié par Dread Central. D’abord connu comme un site web dédié à l’horreur (films, comics, livres), le studio s’est ensuite dirigé dans le jeu vidéo depuis le début des années 2020, notamment avec la série des Dread X Collection. Le studio est encore actif aujourd’hui, leur dernier jeu en date est Amanda the Adventurer et un jeu dédié à l’univers de Paranormal Activity est prévu, encore développé par Darkstone Original.




  

Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui raconte l’histoire de Rebecca Owens, une jeune femme apprentie thanatopractrice en 1998, qui s’apprête à passer son évaluation de fin de stage. Elle travaille aux pompes funèbres familiale de River Fields, appartenant à Raymond Delver et le jeu s’ouvre sur son évaluation. Mais avant que la jeune femme n’aie pu adresser la touche finale à son travail, un événement étrange se produit et Rebecca, qui ne croit pas vraiment à ce qu’elle a vu, est renvoyée chez elle sans explication. Plus tard dans la nuit, alors qu’elle pense avoir échouée à son examen, elle reçoit un coup de téléphone de Raymond qui lui demande de venir en urgence. Une fois sur place, Rebecca tombe des nues alors qu’elle se retrouve enfermée dans les pompes funèbres par Raymond. La nouvelle tombe alors : un démon hante un des trois cadavres de l’établissement et pour s’en débarrasser, elle doit identifier le corps possédé, piéger l’entité à l’intérieur et incinérer le corps. Une nuit d’enfer attend la jeune femme, puisque les démons vont tout faire pour l’affaiblir et s’emparer de son corps. Pour résister, Rebecca va devoir replonger dans son passé tourmenté et y affronter les choses qu’elle y a enterré. 


Le reste de l’histoire, c’est au joueur de le découvrir si ce dernier se montre suffisamment investi pour découvrir toutes les subtilités de ce jeu. Au fur et à mesure des services, des pans de l’histoire se dévoileront et permettra au joueur de remettre les pièces du puzzle dans l’ordre afin de percer les mystères de Rebecca et de Raymond. 



Attention, Prêts ? Incisez ! 

  

À partir de cette prémisse qui fait drôlement penser au film The Jade Doe Identity (2016), s’offre une phase de jeu cauchemardesque. Une partie typique se déroule de la sorte : Rebecca arrive aux pompes funèbres où l’attendent trois cadavres (différents à chaque fois) et elle doit parvenir à exorciser le cadavre dans le temps imparti sous peine d’être possédée. La particularité réside dans les mécaniques de l’horreur qui vont servir à tordre les tripes du joueur. Elles sont aléatoires, de plus en plus intenses et elles varient avec des éléments de l’histoire qui interviennent aussi. Cela va du petit bruit de quelqu’un qui frappe à la porte, d’une porte qui se ferme ou d’une lumière qui s’étend jusqu’au corps du mort qui se lève, qui tourne la tête ou bien encore des visions de la grand-mère de Rebecca qui vous supplie d’ouvrir la porte avant de vous planter avec un couteau. Si vous vous attendez à des jump-scare ou à des gros monstres, détrompez-vous, la force de cette peur réside dans sa subtilité et son équilibre. La peur vous guette et se glisse dans les recoins de la clinique, il se peut parfois même que vous n’en ayez pas conscience. Une grande réussite. 


Bien entendu, il ne faut pas oublier le centre de l’intrigue et votre objectif : embaumer le corps tout en identifiant le démon. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le jeu est assez difficile à prendre en main au départ. La gestion de l’inventaire et des objets est assez peu intuitive, entre les grands objets qui restent dans votre main et les petits qui peuvent tenir dans vos poches, il faut apprendre à gérer son espace. En découle alors une grande vulnérabilité de ce gameplay, mais qui peut être vraiment usant à la longue. Cependant, au fur et à mesure, le joueur s’habitue aux commandes et ce détail devient vite très secondaire.


Pour le bannissement des démons, c’est la même chose. Tout est expliqué dans des cassettes enregistrées par Raymond qu’il vous laisse au début du jeu. Au-delà de l’aspect très barbant de cet élément, en demeure aussi une certaine opacité. En effet, même si vous pensez avoir saisi la grande partie des choses à faire, il faut encore comprendre comment trouver de démon. Que ce soit avec des bandes de bannissement à brûler, des cendres à utiliser pour révéler le sceau ou la marque pour enfermer le démon dans un corps, tout est très compliqué à comprendre. Il vous faudra bien quelques services pour arriver à bout de ce système et encore quelques autres pour être véritablement à l’aise. Tout ceci, en affrontant les événements paranormaux qui n’auront pour d’autre but que de vous perturber. 


Pour les joueurs qui se montrent les plus déterminés et les plus attentifs, le jeu deviendra vite une familiarité avec laquelle il prendra un grand plaisir, notamment pour décrypter l’histoire de Rebecca au travers des flash-back qu’elle traverse. Ce ne sera pas toujours simple de trouver comment atteindre les 7 fins du jeu, certaines sont peu claires à obtenir et il vous faudra être très attentif aux signes et aux indices pour venir à bout de cet enfer. Mais c’est là que réside la grande richesse du jeu, son histoire est réellement fascinante et tragique. Quand on commence le jeu, personne ne s’attend à autant d’éléments à trouver et c’est un vrai plaisir quand on remarque d’autres détails. 



Un portage pas au niveau


Pour la question des plate-formes, c’est loin d’être aussi réussi. Tout d’abord, nous précisons que nous avons testé la version PS4 et PS5 en priorité. Sur PC, il ne devrait pas vraiment y avoir de problèmes, bien que les graphismes reste très rudimentaires (moteur Unity), le jeu possède un certain charme et son atmosphère suffira à faire oublier les lacunes graphiques. Mais ce ne sera pas le cas sur les consoles, la version PS4 dans un premier temps est très en-dessous des standards (la preuve, les couvertures de livres sont pixelisés), ce n’est pas moche, mais ça impacte beaucoup l’immersion. Sur PS5 en revanche, c’est assez beau et net. Un dernier point, c’est le cas des bugs et des ralentissements de jeu (c’est le cas pour les deux versions), il y en a très souvent et certains événements font crasher le jeu. En plus de cela, il faut mentionner un bug énorme (patché depuis) qui bloquait complètement la partie au bout d’un moment, avec le déclenchement d’un élément d’histoire (le moment où Rebecca est sur les rochers avec son père). Il a fallu pour cela que nous contactions les développeurs du jeu et que nous leur transmettions des vidéos du bug pour que cela soit pris en compte. Par ailleurs, nous souhaitions faire part de nos amitiés à toute l’équipe, qui s’est montré très réactive. 


Pour conclure, The Mortuary Assistant est un jeu qui vaut le détour, rien que pour les nuits de terreur qu’il va vous procurer. C’est un jeu qui vous demandera de vous investir, pour une dizaine d’heures environ, mais qui vous offrira aussi l’occasion de percevoir toute la richesse de son histoire. Il est assez cher (20 euros), mais c’est une expérience à vivre. 


Une review de Simon G.


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