Cette review va être délicate pour moi. Car je pense sincèrement que le sujet cette fois-ci n’est rien d’autre que mon album préféré. J’ai dû l’écouter plus de mille fois, connais chaque chanson par coeur comme si je les avais moi-même conçues. C’était l’un des premiers CD que j’ai acheté personnellement, et je l’écoute toujours assidument aujourd’hui. Venu du talent de mon musicien préféré, j’ai nommé Yuyoyuppe, voici son album Planetary Suicide. Et croyez moi, je rêve à chaque fois que je l’écoute de la claque magistrale que je me suis prise quand je l’ai écouté pour la toute première fois en 2018. Car ce jour-là, je ne m’attendais pas à écouter une telle sorcellerie.
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| Pochette de Planetary Suicide |
L’inverse des habitudes de Yuyoyuppe
Dans sa musique Vocaloid des années 2010, Yuyoyuppe s’est axé sur de la musique souvent particulièrement lyrique et poétique, avec énormément d’approches mélodiques, comme s’il savait faire co-exister avec précision la poésie de l’amour avec la brutalité du métal. Disons que pour Planetary Suicide, Yuyoyuppe a inversé les potentiomètres, pour que cette fois-ci, ce soit surtout le métal, au plus pur de sa forme, qui prenne le relais par dessus la poésie. Mais cette poésie est surtout là pour se battre sous toutes ses formes, pour essayer de se sortir la tête de l’eau et exister aux côtés du métal. Cet album offre une collection de morceaux faisant partie de très loin des plus brutales et violentes de Yuyoyuppe, avec des guitares mordantes et incisives et une batterie surhumaine dans les morceaux les plus explosifs, rendu possible grâce à la MAO. Mais ce que j’aime le plus ce n’est pas forcément que ce soit violent et puissant, mais c’est qu’il y a toujours de la poésie et de la beauté qu’y se glissent dans les compositions. Et ça raconte quelque chose de très touchant et universel.
Des chansons totalement folles
Planetary Suicide est un album qui mérite d’être traduit de bout en bout. Quand j’avais traduit les textes, j’ai été abasourdi par la beauté de ce qui est raconté. La perte d’un être cher dans Cry, La folie de la refaire exister à travers l’art dans Leia, la perte de la foi dans Atonement, le deuil impossible de The Feeling That Is Sadness… c’est simple, cet album raconte la descente en enfers que fait vivre une douloureuse perte, avec tout ce que ça implique de mutations chez les proches concernés. Et le vis est poussé très loin, bien plus que dans les précédents albums de Yuyoyuppe. Et c’est dans les compositions qu’on s’en rend compte. La beauté de Cry à la fois dans sa version métal et acoustique, le piano et l’expressivité de l’iconique Leia, le riff magistral de The Feeling That Is Sadness (une de mes chansons préférées de tous les temps avec Rolling Girl de wowaka), l’extrême et irréelle violence de Prayer et de I am a super man… Chaque chanson a sa propre folie et extravagance, ce qui en fait un album extrêmement riche et varié dans ses compositions. Je pense aussi à la très réussie The last 8 bars, petite balade expérimentale dénotant totalement de l’album à priori, mais qui finalement lui rend totalement justice. Et que dire Meimero, la bonus track de l’album interprété par Yuyoyuppe lui-même qui en donne des frissons avec ses pleurs à la toute fin… cet album brise le quatrième mur pour secouer l’auditeur comme il n’y pas avec de tels chansons qui surprennent les unes après les autres, surtout après la deuxième moitié de l’album.
Une excellente production compte tenu du contexte
Lorsqu’on prend en compte qu’il s’agit d’une production doujin, la qualité de production de l’album est quasi irréprochable, avec des guitares mixées à la perfection, une batterie surhumaine et surtout du Vocaloid qui n’a pas vieilli d’un poil. Luka et Miku sont agréables à écouter et ont beaucoup d’expressivité et de peps dans les chansons, et leurs screams tout droit venu du Diable en personne ont une personnalité qui se marie de pair avec les instrumentaux. J’aurais peut-être voulu une basse encore un peu plus présente et c’est le seul point que je peux rapprocher à l’album, mais là c’est surtout pour pinailler et essayer de trouver des défauts. Et croyez moi, j’en ai bien du mal à en trouver, tellement cet album est un coup de coeur. C’est pas faute d’essayer pourtant, mais voilà, j’en suis incapable d’en trouver.
Un album unique en son genre
Planetary Suicide est un album unique en son genre. Unique comme album de métal, unique comme album Vocaloid, et encore plus unique dans la discographie de Yuyoyuppe lui-même. Il n’a jamais refait de telles chansons après cet album, cette ambiance propre à Planetary est unique et vous le trouverez uniquement dans cet album ci. Enfin, si vous arrivez à la trouver. Et oui, car là je viens de trouver le plus gros défaut de Planetary Suicide : il n’est pas accessible du tout, uniquement sorti en de rares CD au japon. Bon courage pour en trouver un exemplaire à des prix décents, ou sinon à vous de faire preuve de débrouillardise pour trouver l’album en piratage sur internet. Il est clair que j’aimerais tellement que Yuyoyuppe mette l’album au moins sur un Bandcamp ou encore mieux, qu’il le mette sur les plateformes légales de musique pour que tout le monde puisse plus facilement l’écouter… il est là la plus grande difficulté de cet album. Mais si jamais vous y arrivez à y passer outre, prenez le temps de trouver des traductions des morceaux et écoutez cet album d’une traite. Vous allez vous faire violenter dans tous les sens, mais vous allez vivre une expérience musicale hors du commun, je ne peux que vous le promettre. Pour moi, Planetary Suicide est l’un des meilleurs albums musicaux que j’ai pu écouter de ma vie. Il l’a été lorsque je l’avais découvert, et tant d’années plus tard, il l’est toujours à mes yeux aujourd’hui. Voici pourquoi, pour toutes ses chansons et pour tout ce qu’il fait, il est pour moi mon album préféré.
La note de Krokromimi : 19/20.

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