Un retour à zéro, comme si le groupe venait tout juste de commencer, comme le sous-entend l’introduction de l’album. Reformé en 2024 après plusieurs années d’absence suite à la tragique disparition de Chester Bennington, Linkin Park, mon groupe préféré, revient avec une nouvelle formation, un nouvel album, et une volonté de renouveau. Et le jour est enfin venu, leur nouvel album, From Zero, est enfin sorti. Je l’ai écouté, et je vous livre mon avis.
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| Pochette de From Zero |
Un album varié et cohérent
La première chose que je remarque, c’est la variété de l’album. Dans leur renouveau, le groupe invoque une approche mêlant quatre types de chansons : les chansons plus orientées mainstream à la Emptiness Machine ou Over Each Other, les chansons « Meteora » à la Two Faced ou Heavy Is The Crown, les chansons expérimentales et atmosphériques comme Overflow et enfin, le heavy comme le très énervé Casualty dont tout le monde va parler, j’en suis sûr. Tout ça de variété et de modes de composition dans une dizaine de morceaux, et ça donne un album qui ne paraît pas répétitif et qui se réinvente tout du long de l’écoute. La variété des singles sortis avant laissait présager un large spectre musical pour l’album oui, mais je ne m’attendais pas à un tel niveau. Je n’attendais pas cet album à une approche généralement plus atmosphérique et heavy, et c’est une agréable surprise.
La large vitrine des capacités vocales d’Emily
Ceci est un point sur lequel j’attendais énormément l’album : le rendu de Emily Armstrong, la nouvelle chanteuse du groupe. Même si j’ai vu beaucoup de gens se plaindre d’Emily depuis la reformation du groupe, la prenant comme une remplaçante de Chester, moi je ne l’ai jamais vue comme ça. On a ici affaire à un groupe nouveau, qui n’entend pas remplacer leur musique d’avant, mais de proposer un renouveau musical. Je vois cet album comme étant une démo technique de leurs nouvelles capacités musicales, et surtout, comme une démo de ce que peut donner Emily. Servie par tous ces différents morceaux, Emily a pu montrer sa voix sous différentes coutures, et c’est une démonstration vocale très impressionnante. Elle sait chanter, elle sait donner de l’émotion tout en étant juste, et elle sait faire du scream comme on aime. Sur tout l’album, j’ai pas spécialement senti qu’elle essayait d’imiter Chester, je pense plutôt elle essaye de faire son propre chant, et c’est sur ça que je voulais l’entendre. Certains vont peut-être pester qu’on entend pas Mike Shinoda sur autant de variété, lui qui chante pas autant que ça dans l’album et qui est souvent à son rôle de rappeur, mais je dirais que c’est pas grave car on attendait pas le potentiel vocal de Mike sur ces chansons (et puis, sa performance sur Casualty est tout de même à noter, du Shinoda en mode heavy c’est pas anodin !). Je pense qu’on savait ce dont Mike est capable de faire, ce qu’on voulait c’est d’entendre ce qu’Emily peut faire. Et la-dessus, c’est mission réussie. Attention, je précise que Mike est toujours aussi excellent dans ses parties vocales et qu’il est plus en forme que jamais (mention encore à Casualty), et je peux ajouter qu’il se complémente très bien à Emily.
Toujours une aussi bonne qualité de production
Comme j’ai pu l’écrire plus tôt, la composition des morceaux est au niveau du renom de Linkin Park, qui prouvent encore une fois leur talent. Mais un point qui a toujours été réussi chez eux est la qualité de production de leurs albums. Et From Zero est encore une fois un album bien mixé et bien produit, comme à leur habitude d’avant. L’album sonne aussi bien sur les chansons plus douces comme plus extrêmes, avec un son de guitare un peu granuleux à mon oreille qui passe bien. Je trouve qu’on est pas non plus au niveau de la qualité de mixage de Minutes To Midnight, mais franchement on en est pas loin. C’était un point pas attendu car je savais que l’album serait réussi de ce point de vue là, mais je le confirme, l’album jouit d’une production et d’un mixage cohérent et de qualité qui sert la qualité intrinsèque de ses morceaux.
Un poil trop court ?
Par contre, il y a un petit point qui me dérange sur cet album, malgré tout. Sans compter l’intro, on est à dix morceaux, qui s’enchainent assez vite. On ne s’ennuie jamais, soit, mais l’album se termine rapidement. À environ 32 minutes, From Zero fait partie d’un des albums majeurs les plus courts de la discographie de Linkin Park (si ce n’est pas le plus court). Bien que cela ne soit pas un réel problème étant donné que cela ne nuit pas à ce que fait l’album, je trouve malgré que tout qu’une fois achevé, j’ai toujours l’envie d’une chanson supplémentaire. Une chanson un peu longue à la Little Things Give You Away juste après Good Things Go aurait été formidable. L’avantage est que l’album s’écoute rapidement et plutôt facilement, mais je trouve qu’il s’achève un poil trop vite. Dommage sur ce point là, même si c’est personnel et que ce n’est pas un si gros défaut que ça.
Un renouveau réussi
Je pense que mes mots parlent d’eux-mêmes : From Zero est une expérience courte, oui, mais intense. C’est un album écrit et produit avec soin, représentant un Linkin Park nouveau et plus en forme que jamais avec des chansons folles et une Emily Armstrong qui est l’une des plus belles choses qui soit arrivé au groupe. Je n’ose pas imaginer à quel point pondre un tel renouveau pour un groupe aussi grand que Linkin Park doit être difficile, comment passer après un si grand Chester Bennington doit être difficile, et je pense que ce dernier doit être fier d’eux car ce renouveau est réussi. Le Linkin Park d’Emily ne remplace pas le Linkin Park de Chester : il est juste différent et ces deux versions du groupe méritent autant d’exister l’une que l’autre. Pour ce qui est de From Zero, ce nouvel opus est une franche réussite et j’ai hâte de voir ce que le groupe nous réserve pour l’avenir.
La note de Akachroma : 16/20.

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